‹ Le quatrième évangileChapitre 111 sur 857 · Voir supr. pp · texte numérisé non relu

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2. D'après J. Réville, 309-312, l'auteur de l'appendice n'aurait pas su qui était le disciple bien-aimé ; il aurait simplement voulu dire que l'Evangile avait été écrit par ce disciple inconnu. Mais ce qui est dit du disciple qui ne devait pas mourir devient complètement inintelligible dans cette hypothèse. Si Jean n'est pas désigné plus expressément, c'est peut-être que Ton a voulu rester dans la note mystérieuse du livre ; c'est certainement parce que, dans le temps et le milieu où l'appendice fut rédigé, l'attribution au vieux disciple éphésion était déjà un coup dont on sentait, au moins vaguement, la hardiesse, bi(;n loin qu'on pût aller jusqu'à une identification formelle de ce disciple avec Jean, fils de Zébédée.

3. C'est tout ce qui semble pouvoir être retenu des conjectures de Har- NACK {(Chronologie, I, 676-677) sur la signification de xxi, 24. Cf. supr. pp. 50-52.

iNtROblîctîoN

pulDlîcation clans les Églises, et qui n'est pas du même auteur que le corps du livre. Les conclusions qu'on en déduit s'appliquent à ce supplément et attestent l'opinion professée par ceux qui l'ont écrit. Il s'agit de savoir si le disciple bien-aimé dont parle l'auteur principal est un personnage réel, qui s'identifie, d'une part, avec l'évangéliste lui-même, et d'autre part avec le personnage visé dans l'appendice, Jean d'Ephèse, le disciple dont on avait dit qu'il ne mourrait pas. Si l'identité du disciple, dans le corps de l'Évangile et dans l'appendice, était démontrée, il y aurait lieu encore d'examiner si l'attribution n'est pas fictive, d'autant que la conclusion de l'appendice renferme une équivoque, le disciple étant désigné comme auteur dans un passage qui, visiblement, n'a pu être écrit par lui, et qui ne laisse pas de se rattacher au récit précédent ^ Mais si le disciple, dans les vingt premiers chapitres, n'était pas un personnage réel et n'avait rien de commun avec Jean d'Ephèse, l'identification proposée dans l'appendice manquerait de base, et la provenance du quatrième Évangile deviendrait une énigme indéchiffrable. Supposé que le disciple soit partout Jean d't^phèse, quand même celui-ci ne serait pas l'auteur du livre^ on devrait admetttre que l'Évangile est sorti de son école, qu'il a été composé en son nom, pour lui faire honneur et qu'il a chance de représenter plus ou moins fidèlement sa tradition ou sa doctrine. Dans l'autre hypothèse, l'école johannique aurait accepté l'Évangile, mais le rapport originel de cet écrit avec l'enseignement du disciple éphésien serait beaucoup moins assuré.

Étant donné le caractère symbolique du quatrième Evangile, on ne saurait a priori déclarer impossible l'hypothèse d'un personnage purement typique, c'est-à-dire qui ne s'identifierait pas, dans la pensée de l'auteur, avec un apôtre de Jésus. Car le personnage pourrait être fictif à l'égard de l'histoire évangélique, et réel dans son interprétation figurée, qui est le point de vue de l'écrivain ; le disciple bien-aimé pourrait n'être ni Jean, ni Pierre, ni aucun autre disciple mentionné dans les Synoptiques ou dans les Actes, et s'identifier avec l'auteur anonyme et inconnu, en tant que celui-ci se retrouverait dans le type du parfait gnostique, témoin spirituel de Jésus. Le cas du disciple bien-aimé ne serait pas isolé dans l'Évangile. Si les personnages de Pierre, André, Philippe, Judas, Pilate, sont empruntés à la tradition historique, on peut à peine en dire autant de la mère de Jésus, à laquelle on n'attribue même pas le nom de Marie, parce qu'elle passe, en quelque sorte, tout entière dans son rôle symbolique, et que son nom propre empêcherait de reconnaître en elle la synagogue, la communauté juive qui est devenue la communauté judéochrétienne. Cette mère a donc presque cessé d'être un personnage

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