Dani(;l, Ilénoch, Esdras, etc
INTRODUCTION
résurrection ^ ? Il se cacherait pour se faire deviner ; il ne se nommerait pas pour qu'on pensât à lui. Si le compagnon d'André est le disciple bien-aimé, comme on peut le croire, son intervention dès le début de l'Évangile, et même avant la vocation de Pierre, n'a pas d'autre but que de marquer, par cette priorité, la transcendance de son témoignage par rapport à celui des témoins historiques de Jésus ^. Son anonymat plaide contre l'identification avec Jean, et son rôle correspond à la signification symbolique de son personnage. Philippe et Nathanaël ont pris la place des deux fils de Zébédée, comme si l'auteur et ses premiers lecteurs n'avaient porté à ceux-ci aucun intérêt; et le premier couple de disciples, d'après la Synopse, à savoir Pierre et André , se trouve modifié de façon que l'anonyme soit substitué à Pierre, afin de rencontrer le Sauveur avant lui. Cette combinaison ne semble pas avoir été conçue en faveur d'un personnage réel. Si l'auteur en avait un en vue, Jean a moins de chance que tout autre, puisque les fils de Zébédée, qui sont au premier plan dans les Synoptiques, et qui reviennent dans le récit de la pêche miraculeuse sont totalement ignorés dans le corps de l'Evangile. On s'obstine à retrouver les fils de Zébédée dans le récit de la vocation des premiers disciples, parce qu'ils figurent à côté de Pierre et d'André dans les Synoptiques ^. Mais il est trop évident que l'auteur en use librement à l'égard de la tradition apostolique, et qu'on n'est pas autorisé à interpréter sa narration par les données des premiers Evangiles ; on amalgamerait ainsi des indications d'ordre très différent.
C'est dans le récit de la dernière cène que se trouve la première mention expresse et incontestable du disciple bien-aimé. On dit qu'il reposait près de la poitrine du Sauveur, et que Jésus l'aimait La place qu'il occupe est significative : on veut le présenter comme l'ami qui a connu les secrets les plus intimes ; il est plus près de Jésus que Pierre ; et si le chef des apôtres désire savoir qui est le traître dont Jésus parle, il ne l'apprendra que par le disciple préféré. Encore n'est-il pas sûr qu'il l'ait appris. Le récit est tourné de façon à montrer que Pierre l'ignorait, que le disciple l'a su, mais on ne prend pas la peine d'ajouter si Pierre l'a su par le disciple. Une communication du disciple à Pierre