Marc, i, 16-20; Matth. iv, 18-22; Luc, v
5. XIII, 23, « Lui seul peut se pencher sur le sein du Maître, dont il a reconnu la vraie nature ; au moment où la trahison se personnifie en Judas, il paraît en qualité d'antitype, comme le disciple idéal qui est surle sein du Christ, comme le Christ est sur le sein de Dieu (i, 18). » J. Réville, 317.
Lte QUAT*RiEMÈ ÉVANGÎLË
serait contradictoire au symbolisme du récit, le disciple ayant pénétré plus avant que Pierre dans les secrets du Maître, mais n'appartenant pas historiquement à la génération apostolique. Ce trait ne prouve pas que le disciple ait été Tun des Douze ; il vise à montrer la supériorité du disciple, en tant que chrétien parfait selon Tidéal du quatrième Evangile, relativement à Pierre, représentant du christianisme judaïsant et primitif. Les démarches du disciple anonyme qui entre chez le grand prêtre et assiste à l'interrogatoire de Jésus, puis introduit Pierre dans la cour où le chef des apôtres renie le Christ \ ont la même signification. Bien que le récit ne le dise pas, il est très probable que ce disciple est le bien-aimé, dont l'attitude contraste avec celle de Pierre, au désavantage de ce dernier, mais non pour le diminuer personnellement ; dans cette occasion comme dans les autres, il s'agit de montrer le disciple gnoslique plus près de Jésus que l'apôtre juif ; s'il se trouve plus fidèle dans ce cas particulier, c'est moins la faute de Pierre que d'une nécessité providentielle, le reniement de l'apôtre étant prédit. Quant aux relations du disciple avec le grand prêtre et à la faculté qu'il avait d'entrer chez Caïphe, ce ne sont pas des données historiques, mais des artifices littéraires qui ont pour objet d'expliquer comment le disciple eut le moyen d'assister à l'interrogatoire de Jésus, quoique dans la réalité, aucun disciple n'ait pu y être et n'y ait été présent ^. Le disciple bien-aimé, c'est-à-dire l'évangéliste, n'y a jamais assisté qu'en esprit.
La présence du disciple au pied de la croix ^ et le témoignage qu'il rend au miracle de l'eau et du sang n'ont pas plus de consistance historique. Le tableau des adieux et celui du coup de lance sont tous les deux symboliques, interpolés dans le cadre synoptique de la passion et contredits par les premiers Évangiles. Il n'y avait aucune femme ni aucun disciple tout près de la croix ^ ; et Jésus étant mort vers trois heures de l'après-midi ^, le coup de lance, pour remplacer le crurifragium, n'avait aucune raison d'être. Le disciple est dans son rôle idéal de chrétien parfait et de témoin spirituel. Sa participation à des scènes sans réalité ne peut faire de lui un personnage réel. Il est la jeune Eglise à qui est confié l'héritage du judaïsme et du judéochristianisme ; il est le prophète qui a vu naître de Jésus expirant le vrai christianisme, la religion de l'esprit agissant dans l'eau et le sang, comme la première femme est née du pre-