‹ Le quatrième évangileChapitre 115 sur 857 · Maiu:, XV, ot parallèles. Cf. supr. p · texte numérisé non relu

Maiu:, XV, ot parallèles. Cf. supr. p

tNtRODUCïtON

mlér homme endormi. Ni cette Église, ni ce prophète ne sont un individu ayant assisté au drame du Calvaire. Le disciple bien-aimé n'est pas davantage un témoin qui a vu jadis les apparitions de Jésus ressuscité. Il n'est pas nommé dans le récit de ces apparitions, parce qu'il est le type de ceux qui croient sans avoir vu, ce qui ne permet pas de le présenter comme un des Douze. 11 figure dans le récit préliminaire, comme modèle de la foi qui n'a pas besoin d'arguments sensibles ni même des prophéties ^. Pas plus en cet endroit qu'ailleurs, on n'a motif d'admettre que l'intervention du disciple soit fondée sur un témoignage traditionnel et historique.

Ainsi rien ne prouve que ce disciple ait jamais existé; rien n'oblige à supposer qu'il ait appartenu au collège apostolique ; rien n'invite même à penser que l'auteur ait voulu le mettre dans un rapport quelconque avec un apôtre, et spécialement avec Jean, fils de Zébédée. Le disciple, d'ailleurs, s'il est annoncé comme témoin et garant de l'Evangile, n'est pas introduit précisément en qualité d'écrivain. Pour qui sait lire, le témoin ne se distingue pas réellement de l'auteur, mais il est clair que le témoin est anonyme, et que l'auteur veut rester inconnu. Ce qu'il était en réalité, son livre, malgré lui, nous l'apprend dans une certaine mesure. C'est un chrétien qui n'est pas venu du paganisme au christianisme, mais dont la formation est judéoalexandrine. C'est un croyant qui ne semble pas avoir en lui le moindre souvenir personnel de ce qu'ont été la vie, l'enseignement et la mort de Jésus. C'est un théologien aussi étranger que possible à toute préoccupation historique, au souci de ce qui est matière de fait, qui n'éprouve pas le moindre scrupule d'adapter la tradition à sa doctrine, bien qu'il sache retenir de la tradition certains faits principaux sans lequels tout le christianisme s'évanouirait en idées pures. C'est un mystique profond et enthousiaste, c'est un voyant en qui a vécu l'Evangile qu'il expose, et qui se raconte lui-même plus qu'il ne raconte le Christ de l'histoire. Qu'il ait été apôtre et compagnon de Jésus, on ne s'en douterait pas. Il est visiblement plus éloigné que Paul du Christ qui a vécu sur la terre, et cependant Paul n'a pas connu le Sauveur dans la chair, 11 s'est fait disciple de Paul, ou plutôt de ses écrits, car le sens de ce qu'a été l'âge apostolique ne se remarque pas plus en lui que le sens de ce qu'a été le ministère de Jésus. A ne considérer que son livre, on ne le prendrait pas pour un apôtre, ni pour un disciple immédiat des apôtres, mais pour un homme de la troisième génération chrétienne, vu qu'il paraît ne compter avec aucune des autorités qui ont présidé à l'institution du christianisme primitif; on ne songerait pas à l'identifier à l'apôtre Jean ni à Jean l'Ancien,

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