‹ Le quatrième évangileChapitre 119 sur 857 · Cf. supr. p · texte numérisé non relu

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l) . Elle est maintenue encore par le plus grand nombre. Voir, par exemple, J. Révh.lk, 27-48; JuLiciiEn, 220.

INTRODUCTION

l'Apocalypse donnait au Christ le nom de Verbe tout comme TKvangile, et que Fauteur avait subi en quelque chose l'influence de l'hellénisme ; et l'on a pareillement reconnu que Févang-éliste ne rejette ni la parousie, ni le jug^ement universel, ni la résurrection des morts. L'unité d'auteur a cessé de paraître impossible ^. Elle reste cependant très invraisembable, parce que, si l'eschatologie apocalyptique et la théologie du Verbe incarné ne sont pas incompatibles, on conçoit néanmoins difficilement que le même personnag-e ait été dominé à la fois par l'attente anxieuse delà parousie et par un mysticisme indifférent à la parousie, que le même esprit se soit complu dans les tableaux, symboliques si l'on veut, mais matériellement symboliques, du messianisme juif, et dans les allégories savantes d'une religion spirituelle. Ajoutons que les différences de langage seraient tout à fait extraordinaires chez un même écrivain, et que l'obscurité voulue qui environne Torig-ine de TEvang-ile répugne à toute identification. Il paraît évident que l'auteur du chapitre xxi n'aurait pas eu besoin d'attirer l'attention sur Jean d'Ephèse et d'attribuer l'Evangile à ce disciple, si l'école de Jean avait reçu ce livre de lui et l'avait toujours connu comme lui appartenant. On voit seulement que, si l'Apocalypse, comme on l'admet volontiers, est plus ancienne que l'Evangile, ou du moins antérieure à son apparition dans le milieu éphésien, ce milieu n'était pas étranger aux spéculations christologiques, à la doctrine du Logos, et se trouvait, au contraire, suffisamment préparé à recevoir l'Évangile du Verbe incarné. Quant aux Epîtres, bien qu'elles soient apparentées de plus près à l'Evangile qu'à l'Apocalypse, dont la première se rapproche cependant pour l'eschatologie, elles compliquent plus qu'elles n'éclairent le problème johannique. C'est une question de savoir si la première Epître est du même auteur que l'Evangile, et si la seconde et la troisième Epîtres sont du même auteur que la première. La première Épître semble être postérieure de plusieurs années à l'Évangile. On a quelques raisons de ne pas l'attribuer au même auteur Il se pourrait que les trois Épîtres eussent paru dans le temps où l'Évangile, augmenté du chapitre xxi, commença à circuler sous le nom du célèbre disciple. On les aura écrites pour compléter l'enseignement du livre principal, en les mettant sous le même patronage.

Il n'est sans doute pas nécessaire de prouver ici que le dilemme : apôtre ou faussaire, dans lequel s'est enfermée si imprudemment l'apologétique conservatrice ^, ne correspond pas à la réalité des faits. L'auteur du qua-

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