XVIII, 1-il
INTRODLXTION
US
devant Pilate \ crucifiement, partage des vêtements et recommandations aux proches ^, mort de Jésus, coup de lance et sépulture triple apparition du Sauveur ressuscité correspondent à des intentions didactiques plutôt que littéraires; cette apparence de subdivisions scolastiques provient de ce que 1 evangéliste a plusieurs motifs d'enseignement, qu'il traite l'un après l'autre et d'une manière succincte. Son esprit va de lui-même aux petits tableaux conjoints, aux discours sectionnés, et l'on peut douter qu'il ait fait le compte des paragraphes qui nous semblent former un groupement logique. L'ordre que l'on observe dans le quatrième Évangile doit être en grande partie spontané; il reflète, on peut le dire, la mentalité très personnelle de l'auteur et sa méthode dialectique, l'espèce de sélection pratiquée par lui sur la tradition antérieure, où il ne prend que des sentences et des faits isolés, pour les adapter, moyennant une interprétation symbolique, aux thèmes relativement peu nombreux de sa théologie.
Deux morceaux notables sont étrangers au plan de l'Evangile, parce qu'ils le sont aussi à la pensée de l'évangéliste : l'histoire de la femme adultère ' et le chapitre xxi. On verra, dans le commentaire, que, la section de l'adultère est une interpolation, bien caractérisée comme telle, et par les témoignages traditionnels et par son objet, qui est de pure tradition synoptique, sans aucun élément de la doctrine et du symbolisme johanniques. Le rapport du dernier chapitre avec le corps de l'Evangile a été indiqué plus haut ^. Ce chapitre est un supplément, mais un supplément qui n'a pu être ajouté par l'auteur lui-même. Des suppléments originaux peuvent exister dans les vingt premiers chapitres, qui n'ont pas été nécessairement écrits d'un seul jet. Le discours après la cène contient deux fois le développement d'un même thème avec une conclusion expresse entre les deux, et l'explication la plus vraisemblable de cette particularité doit être que l'évangéliste a repris après coup le sujet déjà traité par lui, tout en retenant son premier essai.
De la profonde originalité de la pensée résulte l'originalité du style. Le quatrième Evangile diffère autant des Synoptiques pour le langage et la forme que pour les idées et le contenu. Au lieu de la variété qu'offrent les sentences et les paraboles des premiers Evangiles, un petit nombre de pensées essentielles se présentent et reviennent constamment sous