‹ Le quatrième évangileChapitre 125 sur 857 · XIII, 31-xiv ; xv-xvii · texte numérisé non relu

XIII, 31-xiv ; xv-xvii

A. LoisY. — Le quatrième Évangile,

un nombre limité d'images. Le style des discours johanniques, qui aurait été inintelligible comme langage parlé, ne manque pas d'énergie ni d'un certain éclat. La flamme qui brûlait au cœur de l'évangéliste a communiqué de la chaleur à ses propositions de théologie mystique; ainsi les discours après la cène, nonobstant leur défaut de réalité, sont empreints d'un charme doux et triste; toutes les paroles du Christ donnent une impression de grandeur; toutes sont douées de cette couleur propre au mysticisme, qui est faite de lumière et d'ombre, où le mystère semble clair, et où la clarté même est mystérieuse. L'affirmation : « Je suis la résurrection et la vie ^ », est un exemple de sentence dont les termes sont, en réalité, plus éblouissants que transparents. Et la déclaration qui paraît si limpide : « Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité ^ », recèle tous les secrets du livre. Pour qui n'est pas capable d'en sentir la poésie intime, les discours du quatrième Évangile sont extraordinairement monotones et déconcertants par leur obscurité. Ce sont toujours les mêmes idées qui repassent sous les mêmes formules. Et si les pensées se ressentent de l'influence hellénique, la phrase est tout hébraïque. Le prologue est rythmé comme les oracles des anciens prophètes; le parallélisme se rencontre un peu partout; le développement si simple et si naturel des paraboles est d'un art compliqué, si on le compare aux séries de propositions mécaniquement coupées et rangées qui constituent les discours johanniques ^. Ce n'est pas que l'auteur pense en hébreu, et moins encore qu'il reproduise des paroles qui auraient été prononcées dans un idiome sémitique. La tournure hébraïque de sa pensée et de son langage lui vient probablement de son origine et surtout de sa familiarité avec l'Ancien Testament, qu'il lisait dans le grec, bien qu'il n'ignorât pas l'hébreu On s'est rendu compte précédemment de la forme singulière, et identique partout, que présentent les dialogues. Le

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