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3. L'espèce de symétrie qui se rencontre dans les répétitions pourrait bien n'être pas involontaire : les doubles et triples répétitions seraient comme un double et triple témoignage. L'emploi du double « amen », constant chez Jean, tandis que les Synoptiques ont toujours le mot simple, ne doit pas être sans signification. Des procédés littéraires qui nous semblent extraordinairement compliqués et artificiels étaient devenus pour l'évangéliste des habitudes d'esprit et lui étaient naturels ; il a pu s'en servir presque inconsciemment. Cf. E. A. Ahhott, E. B. {Encycl. biblica), II, 1797-1799 et supr. p. 82, n. 6.
4. Philon aussi, sait riiébreu et se sert des Septante; de même Josèphe. Abbott, loc cit., suppose que Jean est entré dans les sentiments peu favorables des Juifs du second siècle à l'égard des Septante ; mais les libertés qu'il prend aussi bien à l'égard de l'hébreu montrent qu'il ne se souciait pas d'exactitude littérale ni de conformité au texte original.
décousu apparent des discours tient au tour d'esprit de l'évangéliste et à ce qu'il ne s'ag"it pas réellement de discours, mais de pensées qui se pressent dans Pâme de l'auteur; celui-ci les écrit comme elles lui viennent, et la logique qui les gouverne est tout intérieure. L'espèce de vie très particulière qui apparaît dans les récits n'est pas due à la fidélité de la représentation, qui n'est pas historique, ni à un effort conscient pour imiter la nature, car ces tableaux n'ont rien d'apprêté, mais à l'intensité de la vision dont ils procèdent. Ils ne sont pas moins invraisemblables et incohérents que les discours, si on les discute comme peintures de faits ; ce sont, la plupart du temps, des esquisses incomplètes, quelques traits puissamment colorés et jetés comme au hasard; ils sont complets seulement comme symboles et par rapport à la leçon que l'auteur veut en tirer ; envisagés comme descriptions, ils seraient fort maigres de structure, dépourvus d'harmonie et de consistance. Le quatrième Evangile est un livre à clef; ceux qui ne possèdent pas cette clef peuvent faire effort pour le comprendre et dissimuler toute la peine qu'ils ont à s'y reconnaître; il reste pour eux obscur et confus. Cette obscurité et cette confusion ne sont que relatives ; elles viennent de ce qu'on n'entend pas le genre de composition dont il s'agit ; elles s'évanouissent à mesure qu'on entre dans l'esprit de l'auteur et la pensée du livre; elles consistent principalement dans les préjugés qu'apporte le lecteur; ce qui reste de mystérieux pour celui qui s'est mis au point de l'évangéliste tient au fond même du sujet, qui est proprement le mystère, mystère de Dieu, mystère du Christ, mystère du salut. Quoi qu'on ait fait pour élucider ce triple et unique mystère, c'est, depuis qu'il a été vécu et posé par Jésus, dans le quatrième Evangile qu'il a été le mieux pressenti, le plus admirablement défini.
Le texte du quatrième Évangile a subi deux interpolations notables, après qu'il eut été répandu dans les communautés chrétiennes, à savoir, la notice concernant la descente de l'ange dans la piscine de Béthesda et l'anecdote de la femme adultère, dont il a été parlé plus haut ^. La première n'est qu'une glose assez longue, destinée à éclaircir la mise en scène du miracle accompli en faveur du paralytique. La seconde est un récit complet, dans l'esprit de la tradition évangélique primitive, ei qui a toute chance de lui appartenir. Il est encore assez facile de voir les motifs qui ont fait exclure cette péricope des anciens Évangiles, et ceux qui ont amené sa réintégration dans le recueil évangélique, par le moyen de Jean, adopté le dernier dans l'usage commun de l'Église. On a supposé ^ très gratuitement que la péricope de l'adultère avait pris la