S. Épiphane, s. Grégoire de Nysse
LE PROLOGUE
la distinction de ce qui avait été fait dans le Verbe, ou par le Verbe, et de ce qui n'avait pas été fait par lui, c'est-à-dire la distinction des deux princi23es, le bon et le mauvais. Les eunomiens et les macédoniens (pneumatomaques) pensaient que le Saint-Esprit était désigné par les mots : « ce qui devint en lui » , et ils en concluaient que le Saint-Esprit n'était qu'une créature. Saint Ambroise dit que les ariens voulaient tirer de ces mots la preuve que le Verbe luimême avait été fait K En face de ces interprétations hérétiques, l'ancienne ponctuation orthodoxe semblait fournir un sens peu consistant. Du moment qu'on faisait de « ce qui devint » le sujet de la phrase, et qu'on lisait : « Ce qui devint était vie en lui », on était obligé d'entendre le mot « vie » de la vie communiquée par le Verbe aux créatures, et c'est probablement à raison de cette interprétation qu'un certain nombre d'anciens témoins ont le présent : « Et ce qui devint est ~ vie en lui », ou bien on se rejetait sur l'existence idéale des choses dans le Verbe avant la création Les deux interprétations sont peu naturelles, puisque le mot « vie » se trouvera ensuite appliqué au Verbe lui-même, qui est la vie et la lumière, et ne signifiera plus la vie des choses dans le Verbe. Qu'il s'agisse de la vie naturelle, censée communiquée aux créatures par le Verbe, ou de l'existence idéale des créatures dans le Verbe avant la création, la pensée n'a rien que de subtil en soi, et elle est contredite par le contexte immédiat. Ghétif rempart contre les conclusions hérétiques fondées sur ce passage ! La ponctuation que saint Ambroise dit avoir été celle des Alexandrins et des Egyptiens était infiniment plus commode contre Arius et Macédonius. Si on lit : « Rien ne s'est fait