EusÈBE, Hist. eccl. m
4. Capita adversus Caium, mentionné dans le catalogue d'Ebed-Jesu, 7 {ap. AssEMANi, Bibliotheca orienialis, III, 1, 15). Des fragments de ce livre se retrouvent dans le commentaire sur l'Apocalypse, de Denys Bar-Tsalibi, auteur syrien du xii^ siècle (publiés par J. Gwynn, Hermathena, VI, 397-418).
5. Cet ouvrage est désigné, sur la statue d'Hyppolyte, par le titre : uTzlp -cou xatà 'Itjjâvvr]v sùayYsXi'ou xai à;;oxaXu«|^£(i)ç.
6. CoRSSEN, 34-37, a cru reconnaître, dans un ancien prologue latin de Marc, une polémique déguisée contre le quatrième Évangile. Une critique de la doctrine du Logos apparaît dans la phrase : u Nam initium principii in voce propheticae exclamationis instituens ordinem leviticae electionis ostendit (on vient de dire que Marc était lévite), ut praedicans praedestinatum loannem filium Zachariae in voce angeli adnuntiantis emissuin non (à lire probablement : non emissum) solum verbuni caro factiun sed corpus Domini in omnia per verbum divinae vocis animatum initio evangelicae praedicationis ostenderet, ut qui
nous ont pas été conservées ; autant qu'on en peut jug^er par les fragments du livre contre Gaïus, et par l'argumentation d'Épiphane contre les aloges, qui lui a été sans doute empruntée \ la défense, comme l'attaque, visait le contenu des écrits johanniques ; Hippolyte s'efforçait de montrer l'accord de Jean avec les Synoptiques et d'écarter de l'Apocalypse l'accusation d'erreur. 11 ne paraît pas avoir employé l'argument d'authencité tel que le comprennent les théologiens modernes. En cela il n'a fait que suivre Irénée, qui ne songe pas à confondre les aloges par le témoi-
haec legens sciret cuiinitium carnis in Domino et Dei advenientis habitaculum caro deberet agnoscere atque in se verbum vocis quod in consonantibus perdiderat, inveniret. » En dépit des obscurités de détail, il paraît clair que Marc est loué de n'avoir pas, dès le début de son livre, présenté le Christ comme une simple parole proférée qui devient chair ; cette remarque paraît viser le quatrième Évangile; c'est une critique véritable et qui se conçoit difficilement à l'égard d'un Évangile canonique. Ce qui suit concerne plutôt la christologie de l'auteur que son attitude envers Jean. L'auteur semble vouloir dire que le Christ était chair avant d'être animé par la parole divine : c'est pour cela que Marc a eu raison de ne pas présenter le Christ comme une parole faite homme, mais comme un homme qui devient l'organe de la parole divine et l'habitacle deDieu. Enfin le mot « consonantibus » ne peut guère se rapporter qu'aux Évangiles de Matthieu et de Luc, où la vérité qu'on lit dans Marc, c'est-à-dire la conception christologique de l'auteur, serait moins apparente ; la qualification de « consonnants », attribuée aux deux autres Synoptiques, laisse entendre que l'Évangile du Verbe fait chair est dissonant. Et c'est ce qui est clairement insinué dans la phrase suivante : « Denique et perfecti euangelii opus intrans et a baptismo Domini praedicare Deum inchoans non laboravit nati vitatem carnis quam in prioribus viderat dicere, sed totusinprimisexplosionemdeserti, jejunium numeri, temptationem diaboli, congregationem bestiarum et ministerium protulit angelorum, ut instituens nos ad intellegendum singula in brevi compingens Jiec auctoriiatem factae rei demeret et perficiendo operi plenitudinem non negaret. » N'est-ce pas là encore une critique de l'Évangile qui omet la tentation et tout ce qui s'y rattache; dont la chronologie supprime la vérité de ces faits et porte atteinte à l'œuvre du Christ? L'auteur du prologue raisonne comme les aloges. Il voit le nouvel Évangile tout près d'être reconnu officiellement, et il résiste ; mais pour que cette polémique ait trouvé place dans le prologue d'un autre évangile, il faut sans doute que l'attribution à Cérinthe n'ait pas été connue ou acceptée, et que l'attribution à Jean n'ait pas été considérée comme certaine. Corssen rapporte la composition de ces prologues au commencement du iii^ siècle : l'auteur aurait utilisé des documents plus anciens dont il ne comprenait pas bien le seus. L'hypothèse n'a rien d'invraisemblable. La Vulgate latine a retenu impunément certains des prologues de s. Jérôme où il y a des jugements très défavorables sur les deutérocanoniques de l'Ancien Testament.
1. D'après Zahn (Geschichte d. n. G. I, 223), Épiphane et Philastre auraient emprunté ce qu'ils disent des aloges au traité (perdu) d'Hippolyte contre les hérésies.
INTRODUCTION
gnage exprès des personnes qui avaient connu Jean et qui auraient dû savoir dans quelles conditions son livre avait paru K Cette attitude des défenseurs de l'Évangile tendrait donc, aussi bien que celle de ses adversaires, à prouver qu'un tel témoignage n'existait pas.
Le Diatessaron de Tatien atteste l'existence du canon des quatre Evangiles. Cette harmonie évangélique a dû être composée après le retour de soiv auteur en Orient, c'est-à-dire vers 175-180 ^. Dans son Discours aux Grecs, écrit quelques années auparavant ^, Tatien s'inspire de Jean et le
1. Haer. III, H, 9 : (( Alii vero utdonum spiritus frustrentur, quod in novissimis temporibus secimdum placitum Patris efîusum est in humanum genus, illam speciem non admittunt quae est secundum lohannis euangelium, in qua paracletum se missurum Dominus promisit ; sed simul euangelium et propheticum repellunt spiritum. Infelices vere, qui pseudoproplietae quidem esse volunt (texte douteux ; il s'agit d'adversaires de la prophétie montaniste, sur laquelle Irénée réserve son jugement ; en se prononçant contre le quatrième Évangile, ces gens condamnent les dons spirituels que l'Église a reçus, selon la prophétie de Joël ; Irénée veut-il dire qu'ils deviennent ainsi prophètes de mensonge? On a proposé de lire « nolunt » ; la traduction: «qui veulent — que l'Evangile soit — d'un faux prophète », ne semble pas justifiée par le contexte; en lisant : « pseudoprophetas », on pourrait entendre : « ils veulent qu'il y ait de faux prophètes », à savoir les montanistes, et qu'il n'y en ait pas de vrais; ou bien encore : « pseudoprophetas... nolunt », ils ne veulent pas qu'il y ait de faux prophètes, et pour cela ils nient toute prophétie), propheticam vero gratiam repellunt ab ecclesia : similia patientes his qui, propter eos qui in hypocrisi veniunt, etiam a fratrum communicatione se abstinent. Datur autem intelligi, quod hujusmodi neque apostolum Paulum recipiant. In ea enim epistula quae est ad Corinthios de propheticis charismatibus diligenter locutus est, et scit viros et mulieres in ecclesia prophetantes. (Irénée ne dit pas que les ennemis de Jean réprouvent aussi Paul, mais qu'ils devraient logiquement le faire : s'ils ne l'ont pas fait, c'est non seulement parce que les montanistes s'autorisaient plutôt de Jean, mais aussi parce que l'authenticité de la V aux Corinthiens n'était pas à discuter.) Per haec igitur omnia peccantes in spiritum Dei, in irremissibile incidunt peccatum. » On ne leur reproche pas d'être absurdes, de nier l'évidence, en rejetant un livre certainement apostolique : ils pèchent contre le Saint-Esprit, dont ce livre annonce le règne. La même façon d'apprécier la conduite des aloges se retrouve dans Épiphane [Haer. 51, 35) : àXXà oùioi u.r] 5sÇà[j.£voi TrveujjLa aytov àvaxptvovxat [j.èv TTVsufxaTixûi;, fX7) voouvtsç xà xou TTveufjiaTo; xat xaxà xtov Xoytov xoîj Ttveupiaxoç (3ouXo{X£voi Xéysiv xai oùx sîBdxe; xà
Iv xr} èxxXrjŒia yapi<j[j.axa «pGavet 8è xai Ik aùxoùç x6 e'.pr)[xévov... (Matth. xii, 32).
Épiphane reproduit, en l'abrégeant, un jugement que sa source, c'est-à-dire Hippolyte, a emprunté à Irénée.