‹ Le quatrième évangileChapitre 143 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

4. EccLf. XV, 4, 7 ; Rom. ix, 30, où il est qucslion de s'approprier la justice,

LE PROLOGUE

culier des Juifs, vont bientôt les arrêter, sans qu'ils retrouvent ensuite la lumière maintenant offerte. Au contraire, les endroits cités de l'Ecclésiastique et de saint Paul ne sont pas réellement parallèles aux textes évang-éliques, puisque les hommes y sont le sujet du discours. Pour établir le parallélisme, on suppose toujours implicitement que axoT^a, dans notre passage, se rapporte directement aux hommes, et que le verbe doit exprimer une action convenable à des hommes. Or l'hypothèse est toute gratuite. Les ténèbres ne désig-nent pas plus les incrédules que la lumière ne désigne les fidèles. Si l'on veut définir en deux mots la lumière et les ténèbres, il faut dire que la lumière est le salut par Jésus, et que les ténèbres sont le péché, la puissance du mal et du démon

Ainsi la première partie du prologue de Jean, celle qui constitue à vrai dire la préface de l'Evangile, est remarquable par Funité de la pensée, la régularité de la construction, la clarté de l'expression Elle contient la formule du salut. La seconde partie, plus développée, en donnera l'explication réelle et concrète ; puis viendra le récit, à Tappui de la préface générale et de l'introduction historique. Mais l'unité intime et l'harmonie extérieure de la préface générale paraissent dépendre de la lecture : « En ce qui était devenu parut la vie. » Si l'on écarte cette lecture, on compromet rharmonie des idées et du développement littéraire. Et la clarté de la conclusion ne semble assurée que si les termes « vie, lumière, ténèbres » ont un sens identique dans le prologue et dans le corps du livre : sinon l'on ne sait plus ce qu'est la vie, ni quel est au juste le rapport de la lumière et des ténèbres. Le Verbe, qui était au commencement en Dieu, et par qui le monde a été fait, a paru dans le monde, apportant la vie éternelle, sans que les ténèbres aient pu l'empêcher de faire ici-bas son œuvre de lumière.

1. Cf. viir, 12. iyoi £Î[i.t rô ©w; xou xoa[j.ou. I Jean, i, 5. ô ôeôç cpwç iaxi /.al azoïca èv aÙTù) où-/, k'ariv. « Tenebrae quae luciChristi opponuntur, perpétue pro morum pravitaté et vitae erroribus accipiuntur, a quibus nos Christus revocavit. » Maldonat, II, 398. Aucun indice ne fait supposer derrière les ténèbres qui résistent à l'action divine « la matière inerte de la théologie philonienne, qui s'oppose, elle aussi, à l'action du Logos » (J. Réville, 99; cf. les remarques de Grill, 110). Il s'agit évidemment de lumière et de ténèbres par rapport aux hommes, c'est-à-dire de la révélation du Verbe-Christ, et des obstacles qu'elle rencontre.

I, 6. Il y eut un homme Envoyé de Dieu, Qui se nommait Jean.

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