‹ Le quatrième évangileChapitre 144 sur 857 · Qui, non du sang · texte numérisé non relu

Qui, non du sang

Ni du vouloir de la chair, Ni du vouloir de Thomme, Mais de Dieu sont nés.

D'après saint Justin, saint Irénée, Tertullien ^, il faudrait lire, dans cette dernière strophe :

(Au nom de celui) qui, non du sang, Ni du vouloir de la chair.

Ni du vouloir de Thomme, Mais de Dieu est né.

1 . S. Justin n'a pas de citation directe, mais des allusions qui ne paraissent pas contestables. Ainsi Dial. 63, swpr. ct7. p. 15, n. 1. Cf. I Ap. .32; Dial. 54, 61,76, ap. Rescii, 58. S. Irénée, Ilaer. III, 16,2 : a Non enim ex voluntate Garnis neque ex voluntate viri, sed ex voluntate dei verbum caro factum est. » Ilaer. III, 19, 2 : « Non ex voluntate Garnis neque ex voluntate viri natus est filius hominis. » Tehtulijen, De carne Christi, 19 (cf. 24) : « Non ex sanguine necex voluntate Garnis noc ox vohintato viri, sed ex deo natus est. » S. Ignace, Sniyrn. 1 : ulov Oeou xa-cà G£Xri[j.a xai ôovajjiiv 0£ou Ysysvrjixsvov àXrjOoii; âx TrapOsvou, ])araît se référer à Jean, i, 13, et supposer la lecture oç lysvvrjOT].

LE PROLOGUE

La seconde partie du prolog-ue, qu'on pourrait appeler la préface historique de l'Évangile, est consacrée à expliquer la mission de Jésus-Christ par comparaison avec celle de Jean-Baptiste. La mention du Précurseur fait voir que l'on est déjà sur le terrain de l'histoire évang-élique. Toutefois c'est encore l'auteur qui parle presque seul, émettant des considérations générales sur la manifestation du Verbe dans la chair, et sur les conséquences de sa venue. On peut dire que le récit commence à l'endroit où Jean-Baptiste est mis en présence des Juifs, quoique le début ^ : « Et voici quel fut le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent des prêtres et des lévites pour l'interroger », se rattache assez étroitement à ce qui précède, tandis que le passage de la théorie abstraite à la réalité des faits est très nettement marqué par les mots - : « Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. » Là est le commencement de l'Evangile, et ce trait ne laisse pas d'être significatif ; car il établit un rapport très étroit entre la tradition johannique et celle qui est à la base des Synoptiques. L'auteur du quatrième Evangile entre en matière de la même façon que Marc.

Le parallèle entre le Baptiste et Jésus est repris à deux fois : d'abord en termes généraux 3, puis par une définition plus précise ^. Les particularités de rédaction qui caractérisent la première partie se rencontrent encore dans celle-ci, mais à un moindre degré : l'enchaînement des propositions successives, par les répétitions de mots, n'existe plus partout, quoique la coupe et la cadence des phrases soient à peu près aussi régulières. 11 est vrai d'ailleurs que la coupe harmonique de la phrase et le goût des répétitions se remarquent aussi dans les discours de l'Evangile.

La manifestation du Verbe divin a été préparée. Il y eut un homme qui était envoyé de Dieu à cette fin. Les Synoptiques insistent pareillement sur la mission providentielle du Précurseur, et ils lui appliquent le texte de Malachie : « Voici que j'envoie mon ange devant toi pour te préparer le chemin ^. » On peut croire que

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