‹ Le quatrième évangileChapitre 145 sur 857 · Vv · texte numérisé non relu

Vv

5. Mal. m, 1. On lit dans l'original : <( Voici que j'envoie mon ange, et il préparera la voie devant moi. » Ce passage est cité Marc, i, 2; Matth. xi, 10; Luc, VII, 27.

Jean se réfère implicitement à ce passag-e et à la tradition sinon au texte synoptique. Cette circonstance pourrait sufRre à expliquer pourquoi l'évangéliste fait valoir le témoignage rendu au Sauveur par Jean. On a pensé qu'il avait voulu combattre des sectaires qui voyaient dans Jean-Baptiste le Messie promis par les prophètes 1, ou bien que lui-même, ayant été disciple du Précurseur, avait été particulièrement frappé de ce qu'il lui avait entendu dire 2. Mais l'intention polémique, si elle existe, doit être accessoire. L'évangéliste n'avait pas lieu de combattre les opinions qui avaient eu cours en Palestine au sujet du Baptiste, soixante ou soixante-dix ans avant qu'il composât son livre; et s'il n'avait eu en vue que la réfutation d'une secte hérétique de son temps 3, il aurait sans doute écrit contre elle autre chose qu'un Evangile. Si l'on insiste sur le témoignage du Précurseur, ce n'est pas précisément pour démontrer que Jean n'était pas le Messie ; c'est afin de prouver par ce témoignage que Jésus lui-même est le Messie promis, puisque Jean a vu descendre sur lui le Saint-Esprit. D'autre part, les souvenirs personnels de l'évangéliste ne sont pas reconnaissables dans son exposition, qui est théologique et non historique. La description sommaire du baptême de Jésus dans les Synoptiques est supposée ici, sans être reproduite, et l'évangéliste n'y ajoute pas le moindre détail. Il est évident que le témoignage du Précurseur est rapporté d'abord pour lui-même et à cause des considérations doctrinales qui y ont été rattachées.

1 . Idée acceptée par beaucoup de commentateurs, même modernes. D'après Baldensperger, l'auteur du quatrième Évangile aurait eu pour but principal de combattre et de réfuter une école ou une secte qui mettait Jean-Baptiste audessus du Christ. Cf. supr.p. 94, et Bévue d'histoire et de littérature religieuses IV, 270-272.

Page 1