V. 15. OUTO; y]V OV S'.TTOV
sfATwpoaOsv [xo-j ys'yovev, on TrpfOTo; [j.ou rjv.
La leçon ô sîtioW (dans BC), au lieu de ov sTrov, est une correction maladroite de recenseurs qui ne comprenaient pas comment les paroles citées pouvaient avoir été dites auparavant par Jean-Baptiste. Le ms. k omet tout à fait ov
avec le premier K Quand Jean-Baptiste a vu descendre le Saint- Esprit sur Jésus, il a reconnu en lui le Messie éternel qu'il attendait et dont il avait annoncé la venue. L'évang-éliste prend au second moment le témoig-nag-e du Baptiste, en lui faisant rappeler le premier. Dans ce premier moment, il semblerait que le Précurseur vise un fait accompli en disant que celui qui vient après lui est passé devant lui; mais il n'en use ainsi que pour marquer plus d'assurance dans sa prophétie. Le Messie est encore à venir; par conséquent la supériorité qu'il doit avoir sur le Précurseur ne paraîtra que plus tard 2.
La formule : (( celui qui vient après moi », pour désig-ner le Messie, est empruntée à la tradition synoptique L'assertion : « il est devenu avant moi » , équivaut à ce qu'on lit dans les trois premiers Evang-iles : (( il est plus fort que moi, et je ne suis pas dig-ne de dénouer ses sandales. » Cette assertion n'est pas à entendre de la préexistence du Messie relativement à Jean-Baptiste, ou bien l'on émousse la pointe du discours. La tournure de la phrase est énigmatique à dessein, mais non pour induire le lecteur à contresens. On veut que les propositions (( après » et « devant » soient à prendre toutes les deux comme indiquant la circonstance du temps ^. Mais les mots ^recs ont orig-inellement rapport à l'espace, et, même dans le cas présent, la traduction littérale du texte serait : « Celui qui vient derrière moi est devenu devant moi. » Il vient derrière et semblerait être l'inférieur de celui qui le précède, il se trouve devant, parce qu'il lui est infiniment supérieur. Cette supériorité lui vient de ce qu'il existait avant Jean-Baptiste, c'est-à-dire dès l'éternité ^.
1 . Mais Matth. m, 14-15, suppose que Jean connaissait le Christ avant de le baptiser, tandis que, d'après le quatrième Evang'ile, Jean n'a reconnu le Fils de Dieu qu'à la descente de l'Esprit.
2. « Credo ego ad divinam praedestinationem ordinationemque référendum, tanquamdicat : Ante me factus est, id est praedestinatus, designatus, constitutus est a Deo in majore dignitatis gradu, ut rex, ut redemptor sit, cum ego redemptoris tantum minister sim. » Maldonat, II, 422.