‹ Le quatrième évangileChapitre 162 sur 857 · ScHANz, /oc. cil · texte numérisé non relu

ScHANz, /oc. cil

LË QtATRlÈME ÉVaNGILË

dans sa forme et sa réalité historiques, la suite logique du développement n'est interrompue qu'en apparence. Le Verbe s'est fait chair et l'on a vu sa g-loire : Jean a été le premier témoin de cette merveille et il en garantit la vérité; après cela, les autres témoins ont eu part aux trésors de vie et de lumière apportés par le Verbe.

(( Car c'est de sa plénitude que tous nous avons reçu », que nous avons reçu « grâce pour grâce ». Ces paroles n'appartiennent plus au discours de Jean ; mais, comme le discours lui-même n'est qu'un élément dans la thèse de l'évangéliste, on conçoit qu'il ne soit pas strictement délimité. L'explication ne se rapporte pas au contenu du témoignage qui vient d'être signalé, comme si la supériorité du Messie était justifiée par le don de la grâce ^, ni au fait du témoignage, comme si Jean lui-même devait être compris parmi ceux qui ont reçu le don divin mais à ce qui a été dit plus haut du Verbe incarné, u plein de grâce et de A^érité ». Le Verbe s'est fait chair : nous avons à cet égard le témoignage de Jean, qui a vu l'Esprit descendre sur Jésus. Il était plein de grâce et de vérité; car tous, tant que nous sommes, disciples et croyants, nous avons reçu de sa plénitude les grâces abondantes qui nous ont été données. La formule : « grâce pour grâce ^ », est entendue ordinairement dans le sens de « grâce sur grâce », parce que le mot (( grâce » ne semble pas pouvoir être pris en deux sens différents ^, comme pour indiquer un changement dans l'économie des faveurs divines. Les grâces se succèdent sans épuiser la j^lénitude du trésor que le Verbe incarné a ouvert pour ses fidèles. Il n'est pas impossible pourtant que le mot

1. Opinion très commune, la seule soutenable pour ceux qui voient dans ce V. la suite du discours de Jean. Cf. Origène, VI, 6 (Brooke, I, 116).

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