XX
LE PROLOGUE
patriarches n'ont-ils vu qu'une image sensible de Dieu? S'il fallait étendre à toutes les théophanies anciennes ce qui est dit plus loin au sujet d'Isaïe on pourrait croire que les patriarches et les prophètes ont vu la gloire du Verbe ~. L'auteur, qui n'a pas insisté, dans le prologue, sur le rôle du Verbe depuis la création, aurait néanmoins conçu le Verbe comme le médiateur de toute la révélation. Cette idée, que beaucoup de Pères ont adoptée, n'a rien que de conforme à la notion du Logos. C'est par son Verbe que Dieu a créé le monde; c'est par son Verbe qu'il a parlé aux hommes, avant que le Verbe lui-même se fît homme pour la révélation dernière de Dieu.
Celui qui apporte cette révélation est qualifié de « Monogène divin, dans les manuscrits les plus autorisés 3, dans saint Irénée ^, Clément d'Alexandrie, Origène et plusieurs anciens Pères. La leçon plus facile, « le Fils unique », est aussi très anciennement attestée par les témoins occidentaux. A ne considérer que les garanties extrinsèques, on pourrait hésiter entre la leçon orientale et la leçon occidentale, et se demander, pour finir, si la rédaction primitive n'aurait pas été : a Le Monogène qui est au sein du Père. » Les uns auraient complété la pensée en ajoutant le mot « Dieu » à <( Monogène », et les autres en ajoutant « fils ». Mais cette hypothèse radicale compromet visiblement l'harmonie de la phrase; elle ne tient pas compte de la facilité avec laquelle une des leçons a pu être substituée à l'autre. 11 est évident que la leçon orientale donne un très bon sens et termine convenablement le prologue. Le Verbe incarné a déjà été désigné plus haut, quoique d'une façon indirecte, comme le Monogène de Dieu, et, dès le commencement du prologue, le Verbe a été présenté comme Dieu. Ces deux termes importants se trouveraient réunis fort à propos dans la