‹ Le quatrième évangileChapitre 165 sur 857 · S. Irénée a aussi l'autre lecture · texte numérisé non relu

S. Irénée a aussi l'autre lecture

5. Hypothèse de Resch, 65, adoptée par Blass. « L'absence de l'article dans les plus importants documents est fatale à l'idée que Oeoç aurait été substitué accidentellement à ulo;. » Westcott-IIort, appendix, 74. Ce fait paraît également défavorable à l'hypothèse de Resch. Maisla substitution pourrait avoir été volontaire. Cf. p. 197, n. 3.

conclusion, pour expliquer comment Jésus-Christ a pu révéler Dieu aux hommes : il est le Monogène à qui Dieu fait part de la gloire divine, et qui est Dieu de toute éternité; son apparition sur la terre est la manifestation de Dieu; par ses discours, ses miracles, tout ce qu'il fait, il montre Dieu à qui veut le voir. Et l'on objecte, contre la leçon occidentale, que, si la désignation de (( Monogène divin » s'accorde parfaitement avec ce qui précède, il n'en est pas tout à fait ainsi du <( Fils monogène » ; car cette formule ferait supposer que le Verbe incarné a déjà été auparavant signalé comme Fils, ce qui n'est pas ; elle devrait servir aussi à expliquer pourquoi Jésus révèle Dieu aux hommes, et elle ne l'explique pas, attendu que la qualité de Fils, ou même de Fils unique, sans autre indication, ne nous apprend pas pourquoi Jésus est à même de révéler Dieu ^ Cependant la première objection tombe, si l'évangéliste a parlé plus haut ^ de celui « qui est né de Dieu » ; et la seconde peut sembler faible, le (( Fils unique » ayant qualité pour faire connaître Dieu son Père.

Tischendorf ^ observe que l'attribution du nom de Dieu à Jésus répond à une tendance des chrétiens, et que la leçon orientale a quelque chose d'un peu étrange. L'introduction du mot « Dieu » n'aurait, en elFet, rien que de naturel si elle ne rendait plus difficile l'intelligence du discours; mais la substitution du mot « Dieu » au mot « Fils », dans le cas présent, peut sembler invraisemblable, parce que, de prime abord, le mot « Fils » donne à la phrase un sens plus facile que le mot « Dieu ». Une théologie quelque peu lourde n'a-t-elle pu s'étonner du « Monogène Dieu »? Dès qu'on traduit : « Le Verbe était Dieu », par « le Verbe était une personne divine », on est plus satisfait du Fils monogène que du Monogène-Dieu ». N'est-ce pas ce qui a fait la fortune de la leçon occidentale, après lui avoir donné naissance ? Si l'on s'en tient au sens strict du texte, l'anomalie qui choquait Tischendorf disparaît en partie. (( Le Verbe était de nature divine... Nul n'a vu la Divinité. Un Monogène de nature divine ^ a révélé (Dieu). » La personnalité du Verbe n'est pas indiquée dans la qualification de u Dieu », mais par son raj^port avec Dieu, le Verbe étant « en Dieu » et distinct de lui, c'est-à-dire du Père. On ne

1. UoHT^Duo DissnrtaUons, I (Cambridge, 1876), p. 14. Cf. Harnack, Z)o^me/if/., I, 720, n. 1.

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