‹ Le quatrième évangileChapitre 166 sur 857 · B. Wkiss · texte numérisé non relu

B. Wkiss

LE PROLOGUE

comprendrait g-uère l'emploi si fréquent de la formule « Monogène Dieu », dans l'ancienne littérature chrétienne, si cette formule n'avait pas une orig-ine scripturaire. Les ariens s'en servaient comme les orthodoxes, et peut-être a-t-elle paru à plusieurs avoir un son arien-.

Nonobstant ces arguments, la répétition du mot « Dieu », dans les deux premiers membres de phrase, est assez suspecte, parce que l'on ne voit pas bien le rapport du second terme, « Monog-ène Dieu », au premier, u Dieu », que « nul n'a vu » 2. Et si une théologie commune a pu préférer « le Fils monog-ène » , une théologie plus raffinée n'aurait-elle pu introduire « le Monogène Dieu », pour signifier plus clairement que le Verbe-Dieu avait pu seul révéler Dieu Le « Fils monogène » semble répondre à ce qui a été dit précédemment de la gloire qu'un fils unique doit tenir de son père ^. Il est permis d'hésiter entre les deux leçons, et peut-être de préférer la leçon occidentale.

Le Fils unique est dans le sein du Père. Les anciens commentateurs entendaient volontiers cette assertion de la présence éternelle du Fils dans le Père, tandis que les critiques^modernes, ne croyant pas pouvoir traduire le participe ^ au passé, pour l'entendre du Verbe avant l'incarnation, le rapportent au présent de l'évang-éliste. Au commencement le Verbe était en Dieu ; et il y est encore maintenant, étant retourné au sein du Père. Cette interprétation paraît devoir être admise, en tant qu'il s'agit de déterminer le sens précis du texte, non la question théolog-ique de la permanence du Verbe auprès du Père pendant la vie terrestre de Jésus. Un passage parallèle, qu'on pourrait citera l'appui de l'interprétation ancienne, donne lieu à la même difficulté. « Nul n'est monté au ciel, lit-on dans le discours à Nicodème, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel ^. » Jésus parlerait de lui-

2. Le cas n'est pas le même qu'au v. 1, où 0eoç, appliqué au Verbe, s'oppose à Tûv Osov ; ici [jlovoy£V7]ç ôeoç s'opposerait à Osov, sans article.

3. La désignation : u un Monogène divin », est d'une indétermination bizarre, le révélateur étant déjà connu. Mais si l'on a voulu remplacer uid; par Oso'c, la suppression de l'article s'imposait, d'après la règle constatée par Origène {supr. p. 155, n. 1).

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