‹ Le quatrième évangileChapitre 167 sur 857 · ô wv · texte numérisé non relu

ô wv

6. III, 13. Les derniers mots : ô olv èv xoî oùpavfo, manquent dans plusieurs anciens témoins, mais ils paraissent nécessaires pour l'équilibre de la phrase.

même comme étant actuellement au ciel. Dans un cas comme dans l'autre, l'auteur proclame l'impuissance des hommes à connaître Dieu en lui-même : nul n'a jamais vu Dieu, nul n'étant monté au ciel; celui qui Ta révélé aux hommes, c'est le Monogène divin, celui qui est descendu du ciel, celui qui est au ciel, dans le sein du Père. Le rapport métaphysique et absolu du Verbe avec Dieu n'est pas ce qui préoccupe l'écrivain lorsqu'il parle du Verbe révélateur, et l'on peut dire qu'il n'y a pas égard en décrivant, pour l'unité de la perspective, comme une histoire du Verbe, dont l'éternité marque le premier moment, la création le second, l'incarnation le troisième, et le retour au Père le quatrième et dernier. Il est donc plus conforme au schéma de cette histoire figurée d'entendre du Messie glorieux, du Verbe retourné à Dieu, qui l'a envoyé, les paroles : « qui est au sein du Père », « qui est au ciel ». Certains interprètes ^ jugent que ce sens est insinué, dans notre passage, par l'emploi d'une préposition qui implique mouvement et qui marquerait le retour du Verbe incarné près de son Père. CejDendant, comme le participe « étant » exclut l'idée d'une démarche, il ne paraît pas possible que le mouvement indiqué dans la proposition ait une telle amplitude. Ce mouvement est celui de l'enfant qui se presse contre le sein de son père ou de sa mère, étant serré dans leurs bras -, non de l'enfant qui arrive du dehors pour se mettre sur leurs genoux. La proposition incidente a pour objet de montrer Funion intime du Père et du Fils. Il n'en reste pas moins que le Monogène divin, ayant révélé Dieu aux hommes sur la terre, est censé reprendre, auprès de Dieu son Père, la place qu'il y a eue dès l'éternité ^. Dans la perspective évangélique et dans le langage chrétien, la présence du Verbe incarné sur la terre semble être une interruption de sa vie céleste. Autant il est peu légitime d'inférer de là une interruption ou une altération réelle de la vie divine dans le Verbe, autant l'on est peu fondé à supposer dans le texte, et même dans la pensée de l'auteur, toutes les distinctions qu'une théologie exacte introduit dans le commentaire doctrinal de l'Evangile.

On ne doit pas s'étonner que l'évangéliste porte son regard au delà des limites où s'enferme la narration synoptique. Il n'écrit pas,

Page 1