‹ Le quatrième évangileChapitre 170 sur 857 · Cf. Deut. XVIII · texte numérisé non relu

Cf. Deut. XVIII

2, S. Augustin, Maldonat.

c'est qu'il v a eu députation rég-ulière du sanhédrin vers Jean, et que le premier témoig-nage rendu par celui-ci à Jésus a été tout à fait public, exprimé devant des gens qui avaient qualité pour le recevoir. De là vient que les membres de la députation sont présentés comme appartenant au sacerdoce, soit à la classe supérieure, celle des prêtres, soit à la classe inférieure, celle des lévites. Il est fort probable, on le verra plus loin, que tous les membres de la légation ne sont pas censés prêtres ou lévites; mais ce n'est pas une raison pour supposer que les « lévites » seraient les « scribes » des Synoptiques ^, en sorte que ces lévites seraient les pharisiens qui prendront la parole en dernier lieu. La composition de l'ambassade n'est pas donnée en détail. L'auteur tient à faire savoir que les deux ordres du sacerdoce en constituaient la plus notable partie. La classe des scribes ne laissait pas d'y figurer, mais au second plan ; c'est pourquoi ses délégués ne sont pas mentionnés d'abord et ne parleront qu'après les autres. Il ne faut pas dire non plus que l'évangéliste, en présentant plus loin des prêtres et des lévites comme pharisiens, s'est mis en contradiction avec l'histoire Il n'est pas certain ni même vraisemblable que tous les membres du haut et du bas clergé, sans exception, fussent sadducéens; mais, qu'on l'admette ou non, rien ne prouve que la qualité de prêtres ou de lévites soit attribuée ici à des pharisiens.

Les envoyés du sanhédrin doivent demander à Jean quelle mission il s'adjuge. Sa personne est connue; on veut obtenir de lui-même une explication claire sur le rôle qu'il veut tenir. La question semble posée à brûle-pourpoint : « Qui es-tu? » Gomme la réponse ne s'y adapte pas directement, une exégèse pointilleuse a pu soupçonner que les termes de l'interrogation avaient été modifiés par le narrateur. Rien ne ressemble moins à un compte rendu sténographié que les dialogues du quatrième Evangile. On peut supposer que l'évangéliste a voulu dire : « On demanda à Jean quel homme il prétendait être », et que la question réellement posée revenait à celle-ci : « Es-tu le Christ » On peut conjecturer aussi que la formule : « Qui es-tu? », étant données les circonstances de l'interrogation, équivaut à : « Ne serais-tu pas le

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