‹ Le quatrième évangileChapitre 173 sur 857 · Deux, xviii · texte numérisé non relu

Deux, xviii

2. AcT. III, 22; vu, 37. Jean, i, 45, ne prouve pas que l'évang-éliste ait eu en pensée la même application que l'auteur des Actes ; car, dans ce passage, Moïse représente la Loi avec toutes les prophéties messianiques qu'elle peut contenir. La comparaison des autres passages du quatrième Évangile ne permet guère non plus de croire qu'il soit ici question du Messie. Il s'agit toujours du « prophète » annoncé par Moïse.

3. Matth. XVI, 14. Le souvenir de Jérémie était entouré des légendes les plus merveilleuses. Quant à Moïse, l'idée que son corps ne serait pas resté dans le tombeau avait cours parmi les Juifs, au commencement de l'ère chrétienne. On la trouvait dans V Assomption de Moïse, à l'endroit, cité par s. Jude, où l'archange Michel était représenté disputant à Satan le corps du législateur hébreu.

Baptiste avait parfaitement conscience de n'être pas plus Moïse ou Jérémie qu'il n'était Elie. Cette fois encore il répond sans phrase : (( Non », et cette réponse n'est pas faite seulement dans le sens de la question 1, mais probablement aussi dans le sens de l'évangéliste, si celui-ci identifiait « le prophète » à Moïse, précurseur du dernier avènement. On croira sans peine que la qualité de (( prophète » lui parût trop au-dessous du Christ.

Les délég-ués du sanhédrin ont épuisé la série des suppositions qui leur semblaient probables. En désespoir de cause, et pour obtenir une réponse positive, ils demandent à Jean de vouloir bien définir lui-même la mission qu'il s'attribue. On les a envoyés pour savoir ce qu'est le Baptiste, et jusqu'à présent ils n'ont appris qu'une chose, c'est que le Baptiste n'est rien de ce qu'ils avaient soupçonné. Ce résultat négatif ne satisferait pas le grand conseil. Puisque Jean n'est pas ce qu'ils ont cru, qu'il dise lui-même ce qu'il est, et le rapport qu'on doit faire à l'autorité contiendra un renseignement formel et direct. Alors le Précurseur rappelle, en s'en faisant l'application, le passage d'Isaïe où les Synoptiques ^ signalent une prophétie de son ministère. Dans le texte original, l'objet du discours prophétique est le retour de la captivité : « Une voix crie : Préparez dans le désert le chemin de lahvé ; tracez dans la solitude une route pour notre Dieu. » Dans les Synoptiques, qui citent le passage d'après la version des Septante, on lit : « Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur ; rendez droits ses sentiers. » Dans le quatrième Evangile, il y a moins une citation expresse qu'une allusion au texte d'Isaïe ; mais l'allusion se rapporte visiblement à la version des Septante, ou mieux encore à la citation des Synoptiques ^. Jean déclare qu'il est cette voix dont parle Isaïe, qui invite les hommes à se préparer par la pénitence à l'avènement du royaume des cieux. Le chemin du Seigneur, qui était, dans la prophétie, l'image du retour triomphal que lahvé réservait aux captifs de Juda, devient la figure du changement moral qui doit se produire chez tous les hommes soucieux d'avoir

i . HOLTZMANN, 46.

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