‹ Le quatrième évangileChapitre 174 sur 857 · Marc, i, 2-3; Matth. m, 3; Luc, m · texte numérisé non relu

Marc, i, 2-3; Matth. m, 3; Luc, m

4. La formule lToi[j.aaaT£ ttjv ôBov xuptou, eùOetaç TroteÏTe xcnç, Tpi'6ouç aiirou, devient EtiOuvaie Trjv ô5ôv xuptou.

part au règne messianique. Les termes de la prophétie sont spiritualisés. Le désert de Syrie fait place au désert de Judée, et Jean luimême se substitue au prophète. Dans la bouche de Jean, les paroles dlsaïe se rapportent simplement au prédicateur qui annonce le Messie et demande qu'on se prépare à le recevoir. S'il n'est ni le Messie, ni Elie, ni le prophète, il est le précurseur qui se trouve signalé dans Isaïe. On exagère la portée des mots et l'on oublie qu'ils étaient fournis à Jean-Baptiste ou au narrateur par la tradition scripturaire, lorsqu'on prête à Jean l'intention de se réduire en quelque sorte lui-même à la notion abstraite d'une simple voix, et de se dépouiller de tout caractère personnel 11 est vrai seulement que l'évangéliste a tout arrangé de façon que Jean explique sa mission sans faire valoir aucunement sa personne. En j)laçant dans la bouche du Précurseur la prophétie qui lui est appliquée dans les Synoptiques, il a voulu consacrer, par l'aveu du principal intéressé, la subordination de son rôle à celui de Jésus. Jean n'a existé que pour être le témoin du Christ.

Après la réponse positive du Baptiste, l'entretien aurait pu se clore. Mais les délégués, ou du moins quelques-uns d'entre eux, ne se tiennent pas encore pour satisfaits. L'évangéliste donne assez à entendre qu'ils n'avaient pas remarqué la portée réelle de la citation prophétique^ puisqu'il leur fait poser tout de suite une question qui n'a pas égard à la réponse obtenue. Cette question , observe-t-il , fut faite par des pharisiens . Les interlocuteurs du Baptiste, comme plus tard ceux du Sauveur, sont supposés ne pas entendre la vérité qu'on leur propose. Le jeu de mise en scène et de dialogue n'est que pour amener les déclarations dont est préoccupé l'évangéliste.

Les pharisiens demandent donc à Jean pourquoi il se mêle de baptiser, n'étant ni le Christ, ni Elie, ni le prophète annoncé par Moïse. La phrase d'introduction est un peu ambiguë et présente une légère variante dans les manuscrits. Les plus anciens témoins n'ont pas l'article devant le mot <( envoyés », comme s'il ne s'agissait pas tout à fait, ou pas du tout, des mêmes personnages qu'aupa-

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