‹ Le quatrième évangileChapitre 176 sur 857 · BUOOKE, I · texte numérisé non relu

BUOOKE, I

2. V. 24. y.al [oi] à7t£(JTotX|i.£Vot ^«lav h kov tlJapiaaiVov. Vg. : u et qui missi fuerant, erant ex Pharisaois. »

A. Cf. VII, .12, M\.

LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTLSTE

vue de l'auteur, la mention des pharisiens et le sens de leur intervention. Il n'y a pas lieu de leur attribuer déjà une malice particulière et des intentions perfides ^, ni de les supposer scandalisés par l'introduction du rite baptismal, où ils auraient vu une nouveauté dangereuse ni d'admettre qu'une tradition juive réservait le baptême au Christ ou aux prophètes Leur discours ne signifie pas autre chose que ce qu'il dit, à savoir que Jean, n'étant, de son propre aveu, ni le Messie, ni le prophète précurseur du Messie, n'a aucune raison de baptiser en vue du royaume des cieux. Le rite baptismal n'a rien en soi qui les choque; on sait que, pour leur propre compte, ils pratiquaient toutes sortes d'ablutions ; mais baptiser en vue du règ-ne messianique, lorsqu'on n'a rien de commun avec le Messie, c'est ce qui excite chez eux un étonnement mêlé d'impatience et de dérision. La citation d'Isaïe a été pour eux comme non avenue. Ils sont dès maintenant sourds et aveugles; sourds et aveugles ils resteront.

La réponse de Jean reproduit, avec de légères modifications, le passage le plus caractéristique de sa prédication, telle que l'analysent les trois premiers Evangiles ^ : « Pour moi » dit-il, « je baptise dans l'eau. » Ces paroles tournent l'esprit du lecteur vers celui qui baptisera « en esprit », et qui est mentionné en termes exprès dans le passage correspondant des Synoptiques. « Il se tient » déjà « au milieu » des Juifs, « sans qu'ils le connaissent » ; « bien qu'il vienne après » Jean, il est infiniment plus grand que lui, et Jean ne se croit pas « digne de dénouer le cordon de son soulier ». Il est évident que, pour bien comprendre ces paroles du Baptiste, il faut avoir sous les yeux ou dans la mémoire le texte des Synoptiques; et les pharisiens ne l'avaient pas. Le texte du quatrième Evangile n'a donc pas de prétention à l'exactitude historique ; il vise l'instruction des fidèles, qui connaissent les paroles traditionnelles et qui en trouvent ici l'interprétation. L'auteur a si bien en vue ses lecteurs et la preuve à. tire? du témoignage de Jean, qu'il ne songe plus désormais à l'ambassade ni à

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