‹ Le quatrième évangileChapitre 177 sur 857 · Luther, Godet · texte numérisé non relu

Luther, Godet

. Ammonius, s. Thomas, Maldonat.

4. Cf. Marc, i, 7-8;Matth, m, 11; Luc, m, 16. Le quatrième Évangile dépend de Marc ; Luc omet « derrière moi », dont le symbolisme joliannique a su tirer parti.

A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 14

rimpression qu'elle put retenir des propos tenus par le Baptiste. 11 est préoccupé seulement de prendre date et de marquer l'endroit où Jean rendit témoig-nag-e au Messie qui allait venir. Comme le texte des Synoptiques est ici la source de TEvangile johannique et représente, par rapport à ce dernier, la forme historique du discours, on aurait grand tort d'insister sur les menus détails pour en déduire des renseignements de fait. La formule : « quelqu'un se tient au milieu de vous », ne prouve pas que Jésus soit déjà au bord du Jourdain, dans l'auditoire du Précurseur, près de ceux qui l'interrogent, connu de lui seul et ignoré des autres ^ Une si étroite précision ne paraît pas exister dans la pensée de l'évangéliste. Peutêtre même est-il plus conforme à la perspective qu'il veut ouvrir, de penser que Jean lui-même, tout en sachant que le Messie existe, qu'il est tout près de se manifester, ne connaît pas encore Jésus, et que les mots : « au milieu de vous » ont une signification indéterminée, comme dans les autres Evangiles . Le gnostique Héracléon - avait remarqué déjà que les paroles de Jean ne sont pas une réponse directe à la question posée ; il en concluait que le Précurseur avait dit ce qu'il avait dans l'esprit, sans s'inquiéter autrement de ce qu'on lui demandait. Mais l'incohérence n'existe que dans la forme du dialogue ; elle résulte de ce que l'évangéliste a utilisé pour sa relation un texte dont il n'a pas sensiblement modifié l'ordonnance primitive et qui n'avait pas été rédigé en vue de l'interrogation à laquelle maintenant il est rattaché. La correspondance existe dans les idées. Jean baptise dans l'eau, il ne s'attribue pas le baptême en esprit qui appartient au Messie, et par là il se justifie du reproche, qu'on paraît lui faire, d'afficher, en baptisant, des prétentions messianiques; il atteste que le Messie est déjà sur la terre, et par là il donne la raison d'être de son baptême d'eau, c'est-à-dire de sa mission préparatoire, qui est réelle, bien que lui-même ne soit aucun des précurseurs attendus par les Juifs L'idée du témoignage prime tout. Si Jean parle de l'ignorance des pharisiens à l'égard du Messie, ce n'est pas pour leur en faire un reproche, qui serait injuste, ni pour fournir de sa mission prophétique une preuve qui, pour le moment, serait invéri-

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