Ex. XXVIII
6. Épiphane, Haer. 29, 4; 78, 14. Cf. Eusèbe, Hist. eccl. u, 23, 6.
7. xviii, 16. On suppose gratuitement que le disciple aurait été parent du grand prêtre (par ex. Bousset, 44, 46). Mais le grand prêtre seul portait la lame d'or.
8. L'insigne pontifical figure sans doute beaucoup moins l'autorité exercée par Jean sur les Églises d'Asie, que son rapport unique avec le Christ. De même que le Christ est le grand prêtre de Dieu, Jean a été le grand prêtre du Christ (HoLTZMANN, 474). Ce trait est purement légendaire, on pourrait
ment éphésienne est celle du tombeau : la communauté d'Éphèse possédait la sépulture d'un Jean, disciple du Seigneur, que Ton croyait et disait l'auteur du quatrième Evang-ile. Du reste, Polycrate ne nous apprend rien sur la carrière de ce Jean à Ephèse, et il est clair que la légende se charge maintenant d'enrichir la tradition. Elle s'est exercée déjà sur Philippe, qui doit être un des sept diacres, et non l'apôtre de ce nom^. Les critiques ont remarqué depuis longtemps que l'usage pascal des quartodécimans ne s'accorde nullement avec le quatrième Evangile, et que si Jean d'Ephèse, ainsi que tout porte à le croire, a observé la pâque du 14 nisan, la pâque des Juifs, il ne peut guère être l'antijudaïsant qui a écrit ce livre ^. Mais cette question de la pâque a aussi ses obscurités.
Le Canon de Muratori nous renseigne sur le contenu du Nouveau Testament, vers la fin du second siècle '\ dans l'Eglise romaine. La notice consacrée au quatrième Evangile y est trois fois plus développée que
presque dire mythologique, et nous le trouvons sous la plume de l'évêque d'Éphèse, d'un homme qui était né vers 125, dont la famille avait fourni avant lui sept évêques aux communautés asiates (Eusèbe, loc. cit.).
1 . Polycrate mentionne, après Philippe, ses trois filles, dont l'une était enterrée à Éphèse. Papias (Eusèbe, Hist. eccl. m, 39, 9-10) avait connu à Hiérapolis les filles de Philippe ; il tenait d'elles certains récits merveilleux, l'histoire d'un mort ressuscité par Philippe (miracle que l'antimontaniste Apollonius transporte à Ephèse et dont il fait honneur à Jean. Eusèbe, Hist. eccl. v, 18, 14), et celle du poison absorbé impunément par Justus Barsabas. Les Actes des apôtres (xxi, 8-9) connaissent aussi un Philippe, qui avait quatre filles prophétesses. Mais ce Philippe n'était pas l'un des Douze ; c'était un des sept diacres. Tout porte à croire cependant qu'il s'agit du même personnage. Le diacre évangéliste, de Jérusalem et de Césarée, sera devenu un apôtre en Asie. Le narrateur des Actes, qui avait logéchez Philippe à Césarée, n'a guère pu se tromper sur sa qualité. La transformation d'un disciple en apôtre est d'ailleurs moins surprenante que celle d'un prédicateur chrétien en ^rand prêtre orné du TréxaXov.
2. Il résulte des documents de la controverse pascale que les quatre Évangiles étaient reçus alors comme canoniques dans toute l'Eglise et qu'on n'admettait pas entre eux de contradiction, ce qui est attesté d'ailleurs par Irénée, Clément d'Alexandrie, etc.