Marc, xi, 27-33; Matth. xxi, 23-27; Luc, xx
4. Marc, i, 7-8, et parallèles, sup7\ cit.; Marc, vih, 28; Luc, ix, 19.
5. Si la lecture Beth-bara était mieux garantie, on pourrait, eu égard à ii, 6, m, 25, penser que révangéliste a en vue le « lieu de purification ».
6. HoLTZMANN, 50, dit que l'évangéliste suppose acquise Topinion chrétienne qui trouvait le Messie dans Deut. xv, 18; mais il n'est pas prouvé non plus que l'évangéliste lui-même ait fait cette application [cî.siipr. p. 206). L'opinion des Juifs sur <( le prophète » n'est pas présentée comme fausse dans le quatrième Evangile, si ce n'est pour autant qu'on voudrait l'appliquer à Jean-Baptiste ou à Jésus et voir en eux Moïse, Elie ou Jéréinie revenus sur la tcM-re.
ils s'appuient sur ce que, dans le paragraphe suivant, le baptême semble être un fait accompli ; or, le baptême n'a pas eu lieu le jour où la lég-ation est venue trouver le Précurseur; donc il faut admettre que le récit du quatrième Evangile commence après le baptême de Jésus et le séjour au désert. Quelques-uns cependant pensent que le baptême a eu lieu le jour même de l'ambassade ou bien le lendemain. La question ne peut être résolue qu'après examen du témoig-nag-e concernant le baptême de Jésus. Observons cependant que le rapport si étroit des réponses de Jean, dans le quatrième Évangile, avec le résumé de sa prédication dans les trois premiers, donne à penser qu'il y a un parallélisme exact entre la relation johannique et la relation synoptique, et que toutes les deux servent d'introduction au baptême. Origène a fort bien saisi ce rapport, et, sans s'arrêter aux difHcultés qui en résultent pour la concorde évangélique, difficultés qu'il sentait bien n'être pas réelles, il n'a pas craint d'affirmer l'identité des situations, nonobstant la différence des cadres ^ Dans les Synoptiques, la déclaration de Jean touchant lé Messie qui vient n'est presque pas circonstanciée; on peut dire même qu'elle ne Test pas du tout dans Marc, et que les traits g-énéraux indiqués dans Matthieu et dans Luc se retrouvent particularisés dans Jean. Partout elle sert de préambule à l'Evangile proprement dit, au ministère de Jésus. Il serait tout à fait étrange que l'Evangile johannique eût son commencement en dehors de son cadre historique, et c'est ce qui arriverait si le baptême de Jésus était censé antérieur au témoignage de Jean. La proposition capitale du prologue : a Le Verbe s'est fait chair » résume la doctrine de l'Évangile sur Jésus-Messie, elle ne marque pas précisément le début de son apparition sur la terre, et, en tant qu'elle entre dans la perspective historique, elle est orientée vers le baptême, non vers la naissance de Jésus.
I. 29. Le lendemain, il - vit Jésus qui venait à lui, et il dit : « Voici l'agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. .30. C'est lui dont j'ai
1. Origène suppose même que l'apostrophe aux pharisiens et aux sadducéens, dans Matth, m, 7-10, esta placer entre Jean, r, 24 et 2,5 (Brooke, I, 137, 148). Il eût mieux fait de dire que Jean, i, 19-28, était l'équivalent de Matth. ni, 5-
2. Le texte reçu (ô 'lojàwriç) et la Vulgate (Joannes) suppléent le sujet. li. La Vulgate répète « ecce » devant « qui toUit peccatum mundi ».
LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE
dit : Après moi vient un homme qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi. 31. Et moi, je ne le connaissais pas; mais c'est pour ({u'il fût révélé à Israël que je suis venu baptisant en eau. » 32. Et Jean rendit témoignage, disant : a J'ai vu l'Esprit descendre du ciel, comme une colombe, et il est demeuré sur lui 33. Et moi, je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser en eau, celui-là m'a dit : Celui sur qui tu verras TEsprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise en esprit saint. 34. l^^t j'ai vu, et j'ai témoigaé qu'il est le F'ils de Dieu. »
La démarche du sanhédrin n'est pas datée, si ce n'est par l'indication qui se trouve au début de ce paragraphe, dans lequel on doit voir le couronnement du précédent. La légation se présenta devant Jean-Baptiste la veille du jour où le Sauveur lui-même parut au bord du Jourdain. C'est ce jour-là qui est vraiment la date initiale de l'Evangile ; c'est d'après ce jour, non d'après le précédent, qu'on datera la vocation des disciples le miracle de Cana -, et toute la suite de l'histoire évangélique. Il y aura lieu de discuter plus tard la portée réelle de ces données chronologiques. Leur convergence au point où Jésus rencontie Jean-Baptiste est assez significative et montre bien quel est, dans la pensée de l'auteur, le moment précis où commence l'Evangile du Verbe incarné.
Jean voit Jésus qui vient à lui. D'où vient-il et pourquoi se présente-t-il ainsi devant le Précurseur? L'évangéliste ne le dit pas, et la plupart des commentateurs sont fort embarrassés. Origène admet que Jésus vient pour se faire baptiser. Chrysostome et beaucoup d'autres interprètes anciens supposent que le Christ n'arrive pas de Galilée, mais du désert où il s'est retiré après le baptême : Jésus revient pour que Jean puisse lui rendre témoignage et que les témoins de son baptême ne croient pas qu'il a été baptisé comme pécheur ^. Rien de plus facile à expliquer que cette divergence d'opinions, qui se rencontre aussi chez les commentateurs modernes. Origène a cru devoir suivre la perspective du quatrième Evangile et y ramener les Synoptiques. Chrysostome a pensé devoir adopter la ligne des Synoptiques et y ramener le quatrième