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cher la référence historique de notre passage, ou, pour mieux dire, le texte visé par le narrateur. Ce texte ne paraît pas autre que la réponse de Jean aux pharisiens ^, bien qu'on y lise seulement une partie de la citation. La réponse est abrégée, et Tévangéliste a fait comme si les lecteurs étaient à même de suppléer ce qu'il ne dit pas. Il est parfaitement inutile de supposer une circonstance, distincte de la précédente, où Jean aurait dit mot pour mot les paroles que Févang-éliste lui prête. Rien n'est plus étranger à la manière de l'auteur que ces scrupules d'exactitude. Il est inconcevable d'ailleurs que l'évangéliste ait mis dans la bouche de Jean une référence à des paroles que lui-même n'aurait pas rapportées '\ Pour mettre d'accord le premier témoignage avec la citation, l'on a interpolé la réponse de Jean aux pharisiens, et on lui fait dire ' : (( Moi, je baptise dans l'eau ; mais il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. C'est lui qui vient après moi, qui a été fait avant moi, dont je ne suis pas digne de dénouer le cordon de soulier. » Le grec reçu et la Vulgate ont ces compléments, qui manquent dans les plus anciens et les meilleurs témoins. On a essayé vainement d'atténuer ainsi la liberté prise par l'écrivain à l'égard des matériaux qu'il emploie. Mieux vaut recueillir de cette liberté la leçon qui en découle pour l'interprétation du texte évangélique. Dans le discours tenu par Jean aux pharisiens, presque tout vient des Synoptiques, et la préexistence du Messie n'est pas indiquée : dans le discours de Jean à ses disciples, le discours précédent est censé reproduit, et la préexistence y est formulée en termes exprès. N'est-il pas évident que l'évangéliste se rend très bien compte de la substitution, au moins en ce qui regarde l'échange des formules, mais qu'il croit pouvoir remplacer, comme par leur équivalent théologique, les idées qui y étaient contenues? Il ne dissimule pas sa méthode, et l'on n'a qu'à en constater l'application. Jean avait parlé de celui qui venait après lui, plus grand que lui. En se répétant, il explique, avec les idées et le style propres au quatrième Evangile, pourquoi « l'homme ^ » qui vient