‹ Le quatrième évangileChapitre 187 sur 857 · In Joan. V · texte numérisé non relu

In Joan. V

4. Cf S. Thomas, S. th. 3% q. 64, a. 4. ;'). In Joan. ho ni. 16.

A. LoisY. — Le quatrième Évang^ile. 15

avant le jour où il le baptisa ; mais il savait que Jésus existait, qu'il était le Messie, et, en le voyant approcher, il connut par inspiration divine celui qui venait lui demander le baptême . Cependant Jean dit positivement qu'il ne connaissait pas Jésus avant que l'Esprit descendît sur lui en forme de colombe, et les Synoptiques placent la descente du Saint-Esprit au moment du baptême ou immédiatement après, mais non auparavant. Il ne faut pas dire que l'ignorance du Baptiste n'est affirmée que pour le moment de sa vocation, lorsque Dieu l'envoya baptiser ; car on voit très bien par la suite que le signe lui a été donné pour qu'il reconnût Jésus, et que, par conséquent, son ignorance est censée durer jusqu'au moment du baptême, ou plutôt jusqu'au moment où il il voit le signe, la descente du Saint-Esprit et la colombe. Beaucoup d'interprètes anciens et modernes s'arrêtent à l'idée d'une connaissance imparfaite qui aurait reçu sa perfection au moment du baptême ^ : Jean avait reçu de Dieu la mission de préparer les voies au Messie déjà présent sur la terre ; quand il vit Jésus, il eut le pressentiment que c'était le Christ et refusa de le baptiser ; par la vision qui se produisit au moment du baptême, il acquit la certitude que Jésus était vraiment le Messie, qui devait baptiser les hommes dans le Saint-Esprit On dit aussi que Jean connaissait personnellement Jésus avant le baptême, mais qu'il ne le connaissait pas comme Messie ^. Cette dernière hypothèse ne paraît pas plus acceptable que celle de saint Augustin. Quant à l'hypothèse des deux connaissances, on doit avouer qu^elle n'est aucunement appuyée par le texte du quatrième Evangile, qui oppose l'ignorance complète à la connaissance définitive. Que la transition ait été mieux ménagée dans la réalité, rien n'est plus vraisemblable. Mais on court grand risque de perdre son temps et sa peine à vouloir reconstituer, par la combinaison du récit de Matthieu avec celui de Jean, toute l'histoire réelle de la rencontre de Jésus avec son Précurseur. Aucune de ces deux relations n'a été conçue afin de présenter les faits dans leur réalité matérielle, mais toutes les deux ont pour but de montrer le rapport dans lequel Jean se trouve à l'égard de Jésus, au point de vue de la christologie primitive. Un élément didactique s'introduit à coté de l'histoire

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