‹ Le quatrième évangileChapitre 190 sur 857 · III, 21-22, sup?\ p. 227, n · texte numérisé non relu

III, 21-22, sup?\ p. 227, n

4. Les aute.urs ecclésiastiques sont partagés ou se contredisent eux-mêmes à ce sujet, quoiqu'ils admettent généralement la réalité de la colombe ou la réalité extérieure de son image. Cf. s. Thomas, Sent. I, dist. 16, q. 1, a. 3, ad 3, pour la réalité de l'image, et S. th. 3^, q. 39, a. 7, pour la réalité de la colombe : « peripsam veritatem columbae significatur veritas Spiritus sancti et efTectuum ejus ». Origène interprète le récit comme un symbole: xauta Se Tzavia, to xaTîÀOtiv léyto oùpavou xo Tivsufjia Irzl xov Tr,aouv xai [j.eïvai et:' aùxov, oîxovo[j.i'a; ivsxe ysyparT:xai, où'^ latopiXTjv ôirlyiqaiv s^ovTa, àXka Getopt'av voriTrJv (Brooke, II, 238).

messianique du Sauveur ^ et le témoig-nag-e de Jean sont deux éléments de la catéchèse primitive concernant le baptême, et la tradition littéraire a fait valoir tantôt l'un tantôt l'autre de ces éléments, sans que l'un ou l'autre soit éliminé. Même dans le quatrième Evangile, où il semble que tout se ramène à une vision du Précurseur, on ne peut pas admettre que la descente du Saint-Esprit ne soit plus qu'un signe destiné à faire connaître le Messie. Qu'était-il besoin du Saint-Esprit pour servir de signe ? La colombe toute seule aurait bien rempli ce rôle. Or l'évangéliste n'a pas souci de la colombe, mais du Saint-Esprit, qui descend comme dans les Synoptiques, et qui, de plus, reste sur Jésus. Avec la doctrine du Logos, dit-on, le Saint-Esprit n'a plus aucune raison d'être; c'est la tradition qui l'impose à l'auteur du quatrième Evangile ; logiquement il aurait dû dire que Jésus n'avait pas reçu et n'avait pas besoin de recevoir le Saint-Esprit pour lui-même ~. Mais la logique dont on parle pourrait bien partir d'un faux principe. L'argument que le témoignage du Baptiste fournit à la messianité de Jésus, c'est-à-dire à l'incarnation du Verbe, n'est pas fondé sur la simple constatation d'un signe ; il est fondé sur la réalité même du signe dont il s'agit. C'est parce que Jean a vu le Saint-Esprit descendre et demeurer sur Jésus, qu'il a pu certifier que Jésus était le Fils de Dieu. L'union permanente de l'esprit divin à l'humanité de Jésus fait le Christ et constitue sa filiation divine ; elle est le mode ou, si l'on veut, le symbole de l'incarnation-^. Sans qu'ils s'en aperçoivent, les commentateurs les plus soucieux de vérité historique introduisent dans la théologie de Jean une métaphysique abstraite et incolore, tandis que tout y est vivant et sensible. Le témoignage du Baptiste concernant la descente de l'Esprit sur Jésus n'est pas autre chose que le récit du baptême tel que le donne Marc ^, mais interprété par le théologien de l'incarnation.

Il n'est peut-être pas inutile d'observer que l' Esprit-Saint, dans la pensée de l'évangéliste, ne désigne pas une personne divine, mais l'esprit divin dans son acception la plus générale, à peu près

1. Cf. AcT. X, 38 : o>ç r/pi-jev autov ô Gsoç 7i;v£u[j.aTi àyuo xai ôuvàjjLSt.

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