‹ Le quatrième évangileChapitre 191 sur 857 · Cf. supr. pp · texte numérisé non relu

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4. Jean, i, 33, dépend de Mabg, i, 8. Matthieu et Luc joignent « le feu » à « l'esprit saint ».

LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE

comme dans la narration synoptique du baptême, ou au corhmencement du récit de la tentation, quand il est dit que Jésus fut conduit par TEsprit dans le désert. L'esprit divin est quelque chose de Dieu, sa vie, son influence, une communication de lui-même. La notion de cet Esprit ne se confond pas avec celle du Paraclet, dont il sera parlé à la fin de l'Évangile ^, et qui remplacera le Christ auprès de ses tidèles. C'est pourquoi le critique n'est pas autrement tenu de répondre aux questions difficiles que les théologiens ont coutume de poser en cet endroit, et qu'ils résolvent par la tradition au moins autant que par l'Ecriture, à savoir, dans quel rapport se trouvent l'incarnation du Verbe et la descente du Saint-Esprit, et ce qu'il faut entendre par la permanence de l'Esprit en Jésus, pour autant que cette permanence indique une grâce distincte de ce que l'on appelle en théologie la grâce de l'union hjpostatique. Le problème christologique ne se posait pas en ces termes pour les historiens de l'Evangile, et beaucoup de distinctions que la théologie chétienne a dû faire plus tard sont à peine marquées dans les textes du Nouveau Testament. Partout l'Esprit de Dieu est l'agent de la filiation divine de Jésus, mais la nature de son action et celle de la filiation ne sont pas présentées partout sous le même jour. Si Ton prend à part le second Evangile, Jésus sera le Messie, Fils de Dieu, parce qu'il a reçu au baptême l'esprit divin, et le caractère métaphysique de sa filiation divine pourra à peine être soupçonné. Si l'on isole Matthieu et Luc, Jésus sera le Fils de Dieu parce qu'il est homme sans être né de l'homme, et la descente du Saint-Esprit apparaîtra comme un complément de la grâce première. Si l'on s'en tient au quatrième Evangile, d'après l'interprétation commune, Jésus sera le Fils de Dieu parce qu'il est le Verbe incarné, c'est-àdire le Verbe éternel de Dieu, personnellement uni à l'humanité de Jésus depuis le premier instant de sa conception, et, cette idée une fois acquise, la conception virginale, la descente du Saint-Esprit se présenteront comme des grâces accessoires et supplémentaires . Cependant il semble que cette manière d'entendre le quatrième Evangile résulte d'une synthèse théologique, parfaitement légitime en soi, mais qui n'est point affaire d'exégèse historique, et que la pensée de Jean se soit portée directement, comme celle de Marc, sur le moment de la descente du Saint-Esprit, avec cette différence.

il . XIV, 16.

que la sanctification de l'humanité du Christ consiste dans l'adoption de cette humanité par la personne divine du Verbe, laquelle est esprit en tant qu'elle est divine, et amène avec elle en Jésus la plénitude de TEsprit-Saint. Par le fait qu'il est le Verbe incarné, Jésus est le Fils de Dieu, le premier de ceux qui sont nés de l'Esprit, celui qui est l'Unique eng-endré, parce qu'il est seul le Verbe incarné, parce qu'à lui seul l'Esprit a été donné sans mesure On chercherait vainement dans le quatrième Evang-ile un regard sur l'existence de Jésus avant son baptême, un mot sur sa conception, sur sa naissance. Tout cela, et jusqu'au baptême d'eau, est comme n'existant pas pour l'évangéliste. L'Aîné des enfants de Dieu semble arriver à l'existence au moment où il reçoit, lui premier, le baptême de l'Esprit.

Que cette perspective ne soit pas à maintenir en dogme, il n'appartient pas au critique d'en décider. Mais il est aisé de voir pourquoi la théologie ne s'en est pas contentée, l'a complétée par Matthieu et par Luc, et a fait coïncider l'incarnation du Verbe avec la conception de Jésus. La théorie johannique de l'incarnation domine l'histoire évangélique plutôt qu'elle n'y entre ; de là vient qu'elle n'implique pas, en un sens, de date précise, et qu'elle finira par recouvrir l'existence terrestre du Sauveur depuis son commencement. Dès qu'on veut en faire l'application logique à la vie de Jésus, il paraît impossible qu'un moment de cette vie reste en dehors de l'incarnation; il est nécessaire que la formule : « le Verbe s'est fait chair », se vérifie dès le premier instant où Jésus existe dans l'humanité, dès l'instant même de sa conception. Par là l'union du Verbe à la nature humaine se trouvera expressément disting-uée de la sanctification par l'Esprit, sanctification, qui, pour être distincte de l'incarnation, n^en apparaît pas moins comme sa conséquence indispensable. Tandis que l'exég-èse rationaliste, voyant dans la théologie de l'incarnation une théorie philosophique, sans application légitime à l'histoire , se fonde sur le témoignage des Synoptiques, principalement de Marc, et proclame que le baptême de Jésus marque le moment où il a pris entière conscience de sa vocation messianique, l'exégèse traditionnelle s'est presque habituée à ne plus voir dans ce fait que l'occasion choisie par le Christ pour se manifester lui-même et instituer le baptême chré-

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