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III

LE TÉMOIGNAGE DE JKAN-BAPTISTE

tien. Les textes résistent à ceux qui voudraient imposer en toute rigueur à l'histoire le schéma théologique, et Ton conçoit qu'un certain nombre d'exégètes catholiques ne laissent pas de soutenir, après les anciens Pères, que le baptême marque une date importante pour Jésus lui-même, dans son développement intérieur, et non seulement pour la manifestation extérieure de sa mission divine K

Dans le quatrième Evangile, comme dans le premier, la comparaison de l'Esprit avec la colombe porte directement sur la manière de « descendre », mais on n'a pas pour cela le droit de substituer à la vision de la colombe celle d'une apparence lumineuse En ce cas, les évangélistes auraient d'autant moins hésité à parler de feu que la tradition associait l'idée du baptême de feu au baptême de l'esprit Une conception symbolique plus ou moins définie s'attachait certainement à la comparaison de la colom.be. La théologie rabbinique figurait sous l'image de cet oiseau l'Esprit de Dieu qui, au commencement de la Genèse, repose sur les eaux du chaos. C'est la même idée qui est au fond du récit évangélique. Quant à la raison dernière de ce symbolisme, il faut la chercher sans doute dans le caractère éminemment sacré que les anciens cultes sémitiques attribuaient à la colombe, et qui lui a valu une place à part dans le rituel mosaïque. Les qualités morales d'innocence et de simplicité que l'antiquité lui attribuait ne doivent probablement pas entrer ici en ligne de compte, quoique les anciens interprètes aient pris plaisir à les relever

1. Voir ScHANz, 125. L'opinion commune des théologiens est exprimée dans ces paroles de s. Thomas, S. th. 3^^, q. 6, a. 12 : « Christus, secundnm quod homo, a primo instanti suae conceptionis fuit verus et plenus comprehensor, Unde in eo non potuit esse gratiae augmentum, sicut nec in aliis beatis, quorum gratia augeri non potest eo quod sunt in termino... Christus proficiebat, sapientia et gratia sicut et œtate, quia secundum processum aelatis perfecliora opéra faciebat. » A l'égard des Pères, on suit la recommandation de Tolet (ap. ScHANz, loc. cit.) : « Doctores sacri caute legendi sunt, dum versant et exponunt unctionem illam. de qua David Ps. 44..., docent hanc unctionem factam in baptismo, quando Spiritus sanctus super eum descendit. »

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