‹ Le quatrième évangileChapitre 194 sur 857 · IV · texte numérisé non relu

IV

LE TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE

logiens appellent la grâce de l'union et la grâce de sanctification consécutive à l'union hypostatique. Si Ton s'en tient aux termes de l'évangéliste, l'humanité de Jésus est gouvernée par VEsprit, et Jésus lui -même donnera le Saint-Esprit . Il y a une distinction marquée entre l'esprit qui demeure sur lui et l'esprit qu'il donnera. Cette distinction correspond en partie à celle que la théologie postérieure établit entre la seconde et la troisième personne de la Trinité, en tant que l'esprit divin qui s'est fait chair en Jésus est le Verbe de Dieu, et que l'esprit divin par la société duquel les fidèles seront instruits et fortifiés est proprement le Saint-Esprit.

A la descente de l'Esprit, Jean a reconnu le Messie qui devait venir, parce que c'était justement le signe que Dieu lui avait indiqué, alors qu'il ignorait Jésus et sa mission. Et Jean atteste encore ce qu'il a vu, l'évangéliste ne l'ayant cité que comme témoin et ne se lassant pas d'invoquer son témoignage. « J'ai vu, dit Jean, et j'ai témoigné qu'il est le Fils de Dieu. >» Quel témoignage Jean veut-il rappeler ? La déclaration qu il a faite, pour commencer, en désignant Jésus comme l'agneau de Dieu et le Messie qu'il avait lui-même annoncé, déclaration qui serait présentée comme ayant désormais valeur de preuve ^ ? Ou bien s'agit-il d'un témoignage rendu après l'événement, et qui serait rappelé sans avoir trouvé place dans le récit '- ? Les deux interprétations peuvent se soutenir d'après la lettre du texte, mais la première paraît de beaucoup la plus conforme à l'esprit de l'évangéliste. Jean multiplie ses assertions parce que l'auteur veut établir l'équivalence des définitions messianiques précédemment énoncées, avec la dénomination traditionnelle de Fils de Dieu. Il n'est pas nécessaire de supposer un fait sous-entendu. La formule Fils de Dieu » est choisie à dessein pour rejoindre la christologie synoptique. Jean-Baptiste l'emploie au sens reçu dans la tradition juive, et l'auteur tient à faire valoir cette signification, ce qui ne l'empêche pas d'attacher lui-même à la filiation divine de Jésus un sens plus profond. Pour lui, Jésus est le Fils de Dieu parce qu'il est le Verbe incarné. La conception purement métaphysique de la filiation, l'idée que le Verbe serait Fils en tant que le Verbe, et sans égard à l'incarnation, ne ressort pas clairement du texte ; il ne semble pas, du moins, que l'évan-

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