Cf. n
LES PREMIERS DISCIPLES
sectateurs de Jean Celui-ci et son baptême fîg-urent le judaïsme : il n'est pas étonnant que Jésus soit censé devoir au Baptiste ses premiers disciples.
Affirmer que l'évangéliste devait être présent à cette scène de vocation, puisqu'il sait bien l'heure qu'il était, serait donc très risqué, d'autant que les traits de ce g-enre se rencontrent un peu partout dans l'Evangile, où ils se montrent souvent à l'improviste et sans que les circonstances réelles des faits soient autrement déterminées. L'auteur dit qu'il était environ quatre heures de l'après-midi quand les disciples se rendirent à la demeure de Jésus, et il ne dit rien de cette demeure, rien de la conversation qui s'y est tenue. D'où venait Jésus quand Jean l'aperçut? Où allait-il? Qu'était-ce que cette maison où il introduit les disciples? Que leur dit-il? On ne sait. Il était environ quatre heures. Certes, l'indication est précise, mais dans un tel isolement qu'elle apparaît beaucoup moins comme un dél^ris de souvenir que comme un moyen artificiel de fixer un tableau dont les contours étaient par trop indécis. Il est d'ailleurs infiniment probable que l'indication de la dixième heure a une signification allégorique. On a rapproché de ce passag-e celui où les douze heures du jour représentent la durée de l'univers - : la dernière serait le présent de l'évangéliste ; la dixième marquerait le commencement de l'ère chrétienne, de la sixième et dernière partie de l'histoire du monde ^\
L'un des disciples qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus n'était autre qu'André, le frère de Simon-Pierre ^. 11 est évident que les deux frères, Pierre et André, sont supposés connus du lecteur. On lui apprend seulement par quelle voie André