‹ Le quatrième évangileChapitre 203 sur 857 · Cf. I Jean, ii · texte numérisé non relu

Cf. I Jean, ii

4. HoLTZMANN, 51. « Poup celui qui sait que le nombre 10 est celui de la i)erfection (dans Philon, De plant. Noe, 2vl ; Dedec.al. 5) la mention de cette dixième heure s'éclaire immédiatement d'un jour nouveau. Avec l'adhésion des deux premiers disciples commence l'â^e de la perfection sur la terre. J. Réville, 129.

5. Ss. (Vers. syr. du Sinaï) : « Et le nom d'un de ces disciples de Jean était André, frère de Simon. Et André vit Simon, son frère, ce jour-l;) , et il lui dit : Mon frère., nous avons trouvé le Messie. Et il Temmena, et il (Simon) vint près du Seigneur. »

d'abord, puis Pierre ont été amenés à Jésus. André rencontra son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie. » Le <( nous » se rapporte à André lui-même et à son compagnon anonyme, que l'on peut croire encore auprès d'André. Il est tout naturel que celui-ci adresse de préférence la parole à son frère. Le texte dit qu'il trouva « premièrement son propre frère », par une rencontre providentielle. D'après une variante, il aurait trouvé « le premier » son frère ^.

Les deux leçons ont leurs difficultés, et tout ce morceau, qu'il n'est pas aisé de concilier avec les Synoptiques. pourrait avoir subi quelques retouches intentionnelles. La leçon « premièrement » semble la plus autorisée. L'auteur a-t-il voulu dire qu'André trouva Pierre tout de suite après avoir quitté Jésus, parce qu'il cherchait son frère pour lui faire part de la bonne nouvelle 2? Il semble plutôt que l'adverbe ne se rapporte pas logiquement au verbe qu'il détermine grammaticalement. Ayant en pensée les diverses rencontres qui vont se produire, révangéliste dit qu'André trouva d'abord son propre frère, parce que cette rencontre est la première de la série qui est en perspective ^ Il est certainement plus conforme à l'esprit et à la lettre du texte d'admettre des rencontres fortuites en apparence, mais que l'on entrevoit avoir été ménagées par la providence divine. Il arriva donc qu'André, quand il venait d'être gagné à Jésus, se trouva, sans s'y attendre, en face de son propre frère, à qui, tout naturellement, il s'empressa d'annoncer ce qu'il savait. Il est superflu de se demander comment et pourquoi Pierre se trouve ou paraît se trouver près de l'endroit où Jean baptisait. On ne veut certainement pas, ou du moins on n'ose pas le présenter comme un disciple de Jean, et, s'il est venu chercher le baptême du Précurseur, l'évangéliste n'en a pas le moindre souci. Les interprètes qui croient savoir qu'André rencontra son frère en quittant Jésus, à la tombée de la nuit, ou le lendemain matin, n'hésitent pas k admettre que Simon était venu se faire baptiser par Jean. Mais, comme la vocation de Pierre est sans attache apparente avec la mission de Jean, et que le caractère du récit permet de supposer une transposition et une anticipation de la

1. V. 41. Eupta/et ouTo; 7ipd)T0v lov àôeXcpov xov tSiov llt'uojva. K, "pwTO;.

LES PREMIERS DISCIPLES

vocation de l'apôtre, il est prudent de s'interdire toute conjecture touchant les rapports de celui-ci avec le Baptiste.

La variante : « il trouva le premier », a donné lieu à des hypothèses presque touchantes. Elle paraît sig-nifier, en effet, ou que les deux disciples cherchaient Pierre, ou bien que, chacun des disciples cherchant « son propre frère », André trouva le sien le premier, tandis que l'autre disciple n'aurait trouvé le sien que plus tard K Et Ton admire la délicatesse de l'évangéliste, qui révèle par ce trait subtil les efforts du disciple anonyme pour trouver aussi son frère, et qui a eu trop de modestie pour dire qu'il l'avait réellement amené à Jésus. Ce qu'il faut peut-être admirer davantag-e, c'est l'habileté du copiste qui, en substituant « premier » à <( premièrement », permettait de log-er à l'arrière -plan du récit tout le petit roman qu'on vient de voir, et qui ménageait, par la même occasion, un accord plus facile entre le quatrième Evangile et les Synoptiques. Toutefois la variante peut aussi bien provenir d'un accident Quoi qu'il en soit, il n'y a pas lieu d'amener en cet endroit les fils de Zébédée. Il n'est question d'eux en particulier que dans l'appendice de l'Evangile et rien n'empêchait l'auteur de raconter leur vocation, s'il avait voulu en dire quelque chose. Les raisons qui ont déterminé le triage qu'il a fait dans les souvenirs traditionnels, et les métamorphoses qu'il leur fait subir, nous échappent en grande partie; mais encore est-il certain que les sous-entendus qui existent dans ses récits n'ont rien à voir avec sa propre histoire, et que les artifices de modestie qu'on lui prête sont purement chimériques.

L'évangéliste prend soin d'expliquer que le mot hébreu « Messie » est l'équivalent de <( Christ » en grec, comme il a expliqué plus haut le mot « rabbi », et comme il expliquera plus loin le nom de « Céphas ». L'emploi qu'il fait des termes sémitiques ne prouve pas que lui-même soit d'origine palestinienne, mais qu'il avait une certaine connaissance des choses juives ; elle prouve surtout l'importance qu'il attache aux « noms » en tant ({ue symboles. La forme sémitique des noms était bonne à garder, et c'est la préoccupation de symbolisme, non une coquetterie d'érudit. ou

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