‹ Le quatrième évangileChapitre 205 sur 857 · Marc, m · texte numérisé non relu

Marc, m

ration de Simon : (( Tu es le Christ, le Fils de Dieu vivant K » Néanmoins le nom de Pierre peut n'être que rappelé dans ce passage du premier Evang-ile. Le soin que prend Marc de n'employer, avant le choix des Douze, que le nom de Simon, est très sig'nificatif. Matthieu et Jean, n'ayant pas raconté l'institution du collège apostolique, ont dû expliquer le surnom de Simon dans un endroit où il pouvait être convenablement signalé. Jean a mieux aimé l'expliquer en racontant la vocation de l'apôtre que dans l'endroit où il a reproduit sa confession Une anticipation de ce genre n'a rien que de conforme à sa méthode. L'auteur ramène à ce commencement toute l'histoire de la vocation de Pierre, y compris sa vocation d'apôtre et de prince des apôtres : l'idée qu'il donne de cette vocation est fondée sur l'histoire, mais placée dans une perspective qui n'est point réelle. Ainsi s'explique l'embarras du récit, qui met la vocation de Pierre dans une journée qui est censée déjà finie. Il ne faudrait pas d'ailleurs chercher à cette vocation une place quelconque après les noces de Gana. Le quatrième Evangile ne la donnerait pas. La vocation de Pierre a eu lieu, comme on sait, au début de la prédication galiléenne, que le miracle de Gana figure d'une certaine façon.

Les anticipations de faits ne sont pas les seules qu'il y ait dans le quatrième Evangile; il s'y rencontre aussi des anticipations doctrinales. Lorsqu'on a vu, dans les Synoptiques, Jésus défendre aux possédés de l'appeler « Fils de Dieu », n'accepter de ses disciples eux-mêmes le titre de Ghrist qu'à une époque déjà fort avancée de son ministère, ne pas leur permettre, même alors, d'exprimer en public cette conviction, et ne se laisser appeler Messie que lors de son entrée à Jérusalem, quelques jours avant sa passion, on ne lit pas sans étonnement des professions de foi comme celles d'André : « Nous avons trouvé le Messie », ou comme celle de Nathanaël : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. » Dans le quatrième Evangile, Jésus encourage ces déclarations au lieu de les combattre, et l'on peut dire que lui-même les dépasse dans ses propres discours. La lecture des Synoptiques laisse entrevoir que Jésus ne s'est pas d'abord présenté ouvertement comme le Messie, et qu'il ne s'est raême pas déclaré tel à ses disciples : il a laissé leur foi se former lentement . On dirait même que la con-

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