‹ Le quatrième évangileChapitre 213 sur 857 · Cf. V · texte numérisé non relu

Cf. V

non de blâme: « Tu crois parce que je t'ai dit que je t'avais vu sous le fig-uier », tu crois pour un miracle de connaissance? « tu verras bien mieux que cela », des miracles d'action, non pour accroître ta foi, mais pour la justifie^-de façon plus évidente. Comme les autres disciples sont, pour la perspective, dans la même situation que Nathanaël, Jésus continue, s'adressant à tous : « En vérité, en vérité je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert, et les ang-es de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. » Ces paroles servent de conclusion au récit des vocations de disciples et sont comme le préambule des miracles qui vont être racontés. Les vocations de disciples sont des spécimens que l'auteur a ramenés au même type pour couper au court et faire valoir une idée. A serrer de trop près la lettre, on pourrait croire que les deux premiers croyants, l'anonyme et André, ont cru sur la parole de Jean, que Pierre a cru sur la parole d'André, que Natha. aël seul a cru après avoir reconnu en Jésus une science toute divine. Mais il ne faut pas trop raisonner sur de pareilles indications : les deux disciples ont longuement conversé avec le Sauveur avant qu'André fasse à Pierre sa profession de foi; il n'est pas dit que Simon ait cru avant que Jésus ait de lui-même trouvé son nom et prédit son avenir. Tous les disciples dont il s'ag"it ont cru d'abord au Sauveur sur des paroles qui attestaient la science divine du Verbe incarné ; ils ont cru avant de voir des miracles, et les miracles, à commencer par celui de Cana, qui n'a pas été fait pour eux seuls, mais pour d'autres disciples aussi, sans être fait encore pour « les Juifs », n'ont pu qu'affermir leur conviction. La vocation de Nathanaël est certainement la plus miraculeuse, mais toutes les vocations sont coordonnées en un récit homogène où l'évang-éliste a évité les doubles emplois. Elles comptent, toutes ensemble, pour un argument et pour une leçon de foi, qui vont être complétés par d'autres arguments et d'autres leçons.

Les métaphores par lesquelles Jésus annonce les miracles de l'avenir semblent être des réminiscences de la tradition synoptique ' : « le ciel ouvert » est emprunté à la mise en scène du baptême ^, et les anges qui servent le Fils de l'homme, à l'histoire de la tentation comme si l'évangéliste voulait utiliser, en un sens spirituel,

1. Sur le double àme/i, qui se rencontre pour la première fois dans le v. 52, cf. supr. p. 146, n. 3.

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