‹ Le quatrième évangileChapitre 214 sur 857 · Cl. Mahc, I, 13; Matth. iv · texte numérisé non relu

Cl. Mahc, I, 13; Matth. iv

LES PREMIERS DISCIPLES

des données traditionnelles qu'il s'est abstenu de reproduire au sens littéral. Les Pères et les anciens commentateurs, qui ont essayé presque tous d'entendre ces paroles à la lettre, se sont trouvés dans un grand embarras. L'idée que Jésus aurait parlé de ce qui s'est passé à l'occasion de son baptême et dans le désert, après la tentation ^, a trouvé peu de crédit, presque tous les interprètes ayant jug-é que le baptême et la tentation du Christ devaient être des faits accomplis lorsque le Sauveur rencontra Nathanaël. En réalité, Jean s'inspire du récit de ces faits dans les Synoptiques; mais, puisqu'il n'a pas voulu les raconter, il ne veut pas davantage y faire allusion. On ne trouve pas d'autres incidents qui répondent suffisamment à la promesse de Jésus : les angélophanies de la passion, de la résurrection, de l'ascension, que la plupart des Pères croient visées en cet endroit, arrivent beaucoup trop tard. Jésus parle évidemment de son ministère et de tous les miracles qui vont le signaler. Le nom même de « Fils de l'homme », emprunté par Févangéliste à la tradition synoptique, montre sans doute qu'il s'agit du Verbe conversant sur la terre. La vie de Jésus va être comme une continuelle révélation du ciel, un commerce pareil à celui que vit Jacob dans sa fameuse vision, où les anges allaient et venaient pour accomplir les ordres de Dieu 2.

Ce commerce a été inauguré par l'incarnation du Verbe et la descente de l'Esprit ; il ne cessera plus désormais tant que durera sur la terre la manifestation du Christ. Les anges sont donc le symbole réel de l'assistance divine qui éclatera dans les miracles du Sauveur ; car, si Ton peut parler ici de figure et de comparaison, c'est à cause de la référence implicite à l'histoire de Jacob, non parce que les anges eux-mêmes ne seraient qu'une expression figurée de l'activité divine II faut les concevoir comme les ministres et les coopérateurs des œuvres miraculeuses du Verbe, comme exécutant ses volontés par l'ordre exprès du Père. La mention des anges n'est pas une métaphore, et l'auteur paraît avoir des esprits célestes la même idée que les évangélistes plus anciens ^. Il n'est pas non plus nécessaire de supposer, avec Maldonat, que la grande

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