Le verbe OiTepsiv ne se rencontre que dans notre passage
4. « Praestat autem (scriptura codicis Siiiaitici) indole prorsus iohannea, videturque ad vitandam latitudinem quandam sermonis, quippe qua idem f)is diceretur, cum breviore altéra commutata esse. » Ttschendouk, I, 756.
vin », mais : « Il n j ea a pas. » Si Jésus et ses disciples avaient assisté au festin depuis le commencement, la première façon de parler s'imposait presque, et, en effet, les prédicateurs ont coutume d'employer la première formule. N'y-a-t-il pas quelque chose d'un peu choquant à supposer que Jésus aura chang-é Teau en vin pour permettre aux convives de boire davantage? Il n'est pas conforme au symbolisme du récit que Jésus et ses disciples aient bu du vin des noces, et ce symbolisme s'arrang-e bien, au contraire, de ce que ce vin soit épuisé lorsque Jésus se présente. Ne proclamons pas l'authenticité de la vieille leçon occidentale, puisque ses témoins ne sont pas assez nombreux; mais prenons la liberté de la regarder comme assez probable.
On se demande encore pourquoi lanière de Jésus se charge de l'avertir, et l'on pense que, proche parente du fiancé, elle est mieux instruite que d'autres du dénuement imprévu où la famille se trouve, plus soucieuse aussi de venir en aide à son embarras. On veut même qu'elle ait prévenu son fils avant que le fait fût connu des convives ce qui est contredit par la leçon commune du texte aussi bien que par la leçon occidentale. Un commentateur ^ a supposé fort subtilement qu'on était au vendredi soir et qu'on ne pouvait renouveler la provision de vin à cause du sabbat. La leçon commune peut laisser croire que la mère s'intéresse aux maîtres de la maison; ses paroles néanmoins n'accusent pas d'autre intention que celle de faire connaître à Jésus l'état des choses. N'était la réponse de Jésus, on supposerait, surtout si l'on préfère la leçon occidentale, que sa mère n'a pas d'autre pensée. Mais les paroles que le Sauveur lui adresse laissent entendre qu'il y avait une prière ou un désir exprimés dans le ton avec lequel se fit cette communication : « II n'y a pas de vin. » On dirait que la mère a positivement sollicité un miracle. Il paraît certain qu'elle a dû signaler la pénurie de vin avec un accent qui priait Jésus d'y subvenir . Si l'on en croit certains commentateurs , elle n'a pas demandé de miracle, puisque, Jésus n'en ayant encore jamais fait,
1. La Vulgate : déficiente vino^ se ])rête mieux que le grec à cette hypothèse. (( Graecum participium, uaTcprJaavToç oTvou, potius significat jam omnino defecisse. Etsi est prol)al)iIe, rationique consentaneum, ut Augustinus ait, non expectasse matrem Christi ut vinum omnino nuUumesset, sedsimul ut vidit non esse satis, filio suggessisse ut provideret. » Maldonat, II, 454.