‹ Le quatrième évangileChapitre 226 sur 857 · XII · texte numérisé non relu

XII

au lendemain? On veut interpréter par rapport aux personnes et aux faits un dialogue qui existe surtout pour la leçon qu'il contient, et dont toute la signification n'apparaît que si Ton suppose dans le discours un élément allégorique. Cet élément est, d'ailleurs, très sensible dans la réponse de Jésus. « Mon heure » est une formule bien grandiose pour la circonstance, si on ne regarde le récit que par le dehors et non dans sa signification mystique. L'heure de Jésus, dans le quatrième Evangile, est surtout celle de sa mort'. Aussi beaucoup d'interprètes, et des plus considérables -, ont-ils pensé qu'il était question de cette heure suprême dans notre passage. Mais cette grande heure, à laquelle se rattache la glorification de Jésus, n apparaît que dans une perspective lointaine. Si présente qu'elle soit à la pensée de l'évangéliste, elle n'est pas formellement indiquée, mais seulement figurée par « l'heure » du premier miracle, lequel, pris dans son ensemble, figure aussi la glorification de Jésus et l'économie du salut par le Verbe incarné.

« Faites ce qu'il vous dira », dit aux personnes de service la mère de Jésus. Elle pensait, dit un grave commentateur qu'il voulait simplement secourir les hôtes en détresse, et elle mettait à sa disposition les serviteurs pour aller chercher le vin. Non seulement elle était sûre du miracle, observe Maldonat ^, mais elle savait comment Jésus le ferait; autrement elle n'avait pas lieu de placer les domestiques sous ses ordres. La vérité doit être entre ces deux extrêmes : la mère attend un miracle ; mais comme il s'agit, après tout, d'une affaire de service, il est tout naturel que les serviteurs soient donnés à Jésus pour y être employés à son gré. Si la recommandation paraît comporter un sens plus absolu que ne le réclamerait la circonstance, c'est qu'elle a une signification spirituelle et symbolique beaucoup plus large que son application littérale. Il semble que le Christ utilise immédiatement les auxiliaires qui viennent de lui être donnés. L'ordre de remplir les urnes est adressé aux gens que sa mère lui envoie, et l'on irait contre l'économie du récit en supposant quelque intervalle entre la recommandation de la mère et la préparation des urnes.

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