Marc, m, 21, 31-35; Matth. xii, 46-50; Luc, viii
minent par une ingénieuse exégèse ^ les autres y voient une allégorie que Tévangéliste aurait conçue et extraire des Synoptiques par un travail de réflexion consciente. L'eau, dit-on -, est le symbole du symbole, de ce qui est pur signe, sans être esprit et vérité. La période qui précède la descente de l'Esprit, et où il n'y a pas sur la terre de vie spirituelle, est figurée par le baptême de Jean, qui n'est qu'un baptême. Jésus devait faire du symbole une réalité. Les vases qui servaient aux cérémonies du judaïsme contiennent l'eau que Jésus change en vin : au lieu de l'eau qui ne purifie que le corps, le vin qui fortifie le cœur. L'Evangile est le vin nouveau qui fait éclater les vieilles outres \ La coupe pleine de vin est le symbole de la nouvelle alliance ^. Le vin est le symbole de la joie des élus dans le royaume des cieux ^. A la Pentecôte, les apôtres semblent ivres de vin ; ils sont remplis du Saint-Esprit ^. C'est à un festin de noces que Jésus change l'eau en vin, parce que le royaume des cieux est semblable à un festin, à des noces royales Jésus n'est-il pas l'époux, et ses disciples les compagnons de l'époux ; la communauté chrétienne n'est-elle pas son épouse, et le lien qui les unit n'est-il pas appelé un mariage^? Le judaïsme légal est devenu impuissant, « il n'a pas de vin » ; le Seigneur en est averti par sa mère, c'est-à-dire la femme qui, dans l'Apocalypse ^, figure la société religieuse de l'Ancien Testament, et qui, en langage chrétien, s'appelle la Synagogue Cependant, au début de sa carrière, Jésus n'a pas encore atteint l'heure où il doit rétablir la vraie vie d'Israël : cette heure est celle de sa mort, dont l'idée a été insinuée déjà par « l'agneau de Dieu » De là le double sens de la parole: « Mon heure n'est pas venue encore ». Au sens littéral, le moment n'est pas arrivé pour le Christ de manifester sa gloire