VIII
4. S. Augustin [De Trin. iv, 5) attribue aux quarante-six ans une siti^nification allégorique relative au corps de Jésus. Cf. s. Thomas, S. theol. p. 3*, q. 33 , a. 1, ad. 1. L'auteur du traité De montihus Sina et Sio/i, 4 (dans les œuvres de s. Cyprien, Hartel, III, 108), entend les quarante-six ans de l'âge du (Christ. S. Augustin réfute cette opinion [De doctr. christùina, II, 28) : <( Ignorantia consulatus quo natus est Dominus et quopassus est, nonnullos coegit errareut
Ce fut, observe l'évangéliste, une erreur des Juifs de penser que les paroles du Christ s'appliquaient à l'édifice du temple. En dépit des apparences, Jésus parlait de son corps, et il laissa les Juifs dans leur illusion. Les disciples, qui n'avaient pas mieux compris que les Juifs, et qui oublièrent bientôt cette prophétie, s'en souvinrent lorsqu'elle eut été accomplie, et leur foi y trouva un nouvel appui. « Ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite. » Cette parole de Jésus est sa réponse aux Juifs, dont les disciples constatent après coup la signification protonde et la portée prophétique. On voit moins clairement quelle « Écriture » est visée par l'auteur. Est-ce le passage du psaume dont ils se sont souvenus quand ils ont vu leur maître chasser les marchands? Ils n'ont pas attendu que Jésus fût ressuscité pour croire à celui-là. Les textes particuliers que l'évangéliste a en vue ne peuvent être que les endroits de l'Ancien Testament où les premiers chrétiens ont trouvé des prophéties de la résurrection K II ne saurait être question de la foi à l'enseig-nement de Jésus ou à l'Ecriture en général -, « la parole que Jésus avait dite » étant visiblement celle qui vient d'être rapportée, et la foi à l'Ecriture n'étant pas un sentiment nouveau pour eux. Ils reconnurent dans la résurrection du Christ l'accomplissement de ses paroles et des prophéties anciennes dont le véritable sens leur avait échappé jusque-là; mais ils n'y avaient pas été auparavant incrédules, et la foi générale dans l'enseignement de Jésus ne leur avait pas manqué depuis qu'ils s'étaient attachés à lui, non plus que la foi générale dans la vérité des prophéties.
L'interprétation de cette histoire n'offre pas de difficultés réelles tant que l'on se borne à suivre la pensée de l'auteur. Mais ces difficultés sont insurmontables, quand on compare le récit de Jean avec les Sjmoptiques et qu'on en veut déterminer le rapport avec l'histoire. La difficulté la plus apparente, sinon la plus considérable, est celle qui résulte de ce que Jean place au commencement du ministère de Jésus un fait que les Synoptiques ont renvoyé tout à la fin. Ce n'est pas la résoudre que de supposer, avec le commun des apologistes, une double expulsion des vendeurs, exécutée deux fois de la
putarent quadraginta sex annorum aetate passum esse Doniinum, quia per tôt annos aedificatum templum esse dictum est a Judaeis, quod imaginem corporis Christi habel)at. » Sur le témoignage de s. Irénée, voir supr. p. 13, n, 1.
1. Ps. XVI (Vg. xv), 10; Is. LUI, 10-12; Os. xi, 2; peut-être Zach. vi, 12.