HOLTZMANN, 60. Cf. SUpT. p
LES VENDEURS DU TEMPLE
d'autorité messianique rendit Jésus suspect aux chefs religieux des Juifs, et de là vint le danger de sa situation, danger imminent et qui devait amener incontinent la condamnation du Sauveur, comme on le voit dans les Synoptiques. L'évangéliste a fait au récit traditionnel les modifications qui lui ont semblé utiles ; il n'en a pas fait assez pour le rendre vraisemblable à l'endroit où il le met. Enfin si la tradition synoptique ne connaît qu'un seul voyage du Christ à Jérusalem, ce n'est point en vertu d'un système, mais parce qu'il n'y en a eu réellement qu'un seul. La conception systématique est dans le cadre de Jean, qui a cru devoir faire du premier acte de Jésus dans son unique séjour à Jérusalem le début de sa prédication hiérosolymitaine. La transposition s'imposait à lui pour l'équilibre logique de ses récits et pour Taccord avec la prophétie de Malachie K
Pour Jean, l'expulsion des vendeurs est une épiphanie du Christ, et l'on voit fort bien les raisons théologiques qui l'ont décidé à placer ce fait en tête des miracles et des enseignements publics du Sauveur. L'interprétation qu'il donne à la parole concernant la destruction et la reconstruction du temple n'invite pas les commentateurs à réduire la part du symbole pour agrandir celle de l'histoire. On admet comme probable le rapport de cette parole avec la visite au temple, et les exégètes les moins suspects de tendances apologétiques sont disposés à croire que l'évangéliste a suivi en ce point une tradition solide Mais il n'a fait sans doute que combiner la déposition des témoins devant le sanhédrin avec la visite au temple et la question des prêtres 4, par une sorte d'induction des plus faciles à concevoir. Supposé que Jésus ait réellement prononcé la parole dont il s'agit le jour même où il chassa les vendeurs, il est certain que Jean ne l'a pas interprétée au sens qu'elle a eu dans la réalité, pour ceux qui l'ont entendue et pour Jésus lui-même, qui, en aucune occasion, n'a parlé tout exprès pour n'être pas compris. Rien ne prouve d'ailleurs que l'évangéliste n'ait pas eu conscience d'interpréter cette formule en un sens spirituel qui n'avait pas besoin d'être connu dans le temps où Jésus