‹ Le quatrième évangileChapitre 244 sur 857 · AcT. VI · texte numérisé non relu

AcT. VI

LES VENDEURS DU TEMPLE

tant la teneur exacte du discours. Mais le second Evang-ile et les Actes nous apprennent au moins comment la première génération chétienne entendait les propos incriminés devant le sanhédrin : on reconnaissait que le Christ avait annoncé la ruine du temple, et l'on croyait aussi qu'il avait prédit, non la restauration de cet édifice, mais la fondation d'un temple spirituel qui serait le vrai temple du Seig'neur. Il est difficile de dire ce que Jésus appelait nouveau temple, le sens de Marc et des Actes ayant chance d'être une interprétation chrétienne de la pensée primitive, qui devait se rapporter à l'avènement du règ-ne de Dieu K

On a essayé de déterminer exactement la pensée du Sauveur en prenant pour point de départ le texte johannique et en laissant de côté l'interprétation suggérée par l'évangéliste. Jésus aurait dit aux prêtres : « Détruisez ce temple », c'est-à-dire, provoquez, par votre coupable tolérance ou par vos exemples, la corruption du culte et de la foi; amenez ainsi sur Jérusalem le fléau de la destruction, <( je rebâtirai en trois jours » le temple renversé par votre faute, c'est-à-dire, j'édifierai un temple spirituel, une religion pure qui remplacera votre religion pervertie et altérée. Ceux qui veulent écarter du discours toute équivoque corrigent la seconde partie du texte johannique par la relation de Marc, jugeant, avec beaucoup de raison, que le texte de Jean suppose l'identité du temple à détruire et du temple à élever : Jésus a pu dire aux prêtres qu'ils détruiraient leur temple, en ajoutant que lui-même en relèverait promptement un autre. On observe que cette idée se comprend mieux au commencement de la prédication de l'Evangile qu'à la fin, parce que, dans les derniers temps, le royaume des cieux n'est plus à fonder Argumentation subtile, et qui ne suffît pas à garantir des hypothèses plus ou moins gratuites.

Il est vrai que le royaume des cieux était fondé, en un sens, avant la passion, et il est vrai aussi que, dans un autre sens, le royaume des cieux était encore à venir. Mais la rédaction johannique du discours est visiblement influencée par l'idée du signe à fournir et par l'arrière-pensée que ce signe est la résurrection. Cet élément nouveau, associé à la parole traditionnelle sur le temple, a déterminé l'emploi de l'impératif: « Détruisez », parce que ce sont les prêtres qui ont

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