B. Weiss. loc. cit
fait mourir Jésus. On ne peut donc pas prendre cet impératif pour point de départ d'une explication historique. La genèse de tout le récit est aisée à reconstituer, si l'on admet que l'évangéliste a réuni, pour les utiliser, à son point de vue didactique, des données qu'il trouvait éparses dans les premiers Evang-iles. La visite au temple et l'expulsion des vendeurs appartiennent à la tradition synoptique. Cette tradition y voyait le premier acte du ministère messianique à Jérusalem, et Jean l'a suivie, d'une certaine manière, en rattachant l'acte au premier séjour de Jésus dans la ville sainte. L'influence du prophète Malachie sur la Synopse et sur le quatrième Evangile paraît devoir être admise. A cette donnée principale Jean relie la question qui, dans les Synoptiques, est posée à Jésus le lendemain de la purification du temple, touchant l'autorité qu'il s'attribue ; mais au lieu de la présenter sous la forme simple qu'elle a dans les trois premiers Evangiles, il la complique d'un autre élément de la tradition synoptique, la demande d'un signe extérieur, à laquelle Jésus répond négativement, déclarant n'avoir k donner que le signe de Jonas ; enfin il entend ce signe comme a fait le rédacteur du premier Evangile, et il le trouve exprimé prophétiquement par les dépositions des témoins dans le procès de Jésus ; derrière la demande du signe dans le temple, il laisse entrevoir, à moins qu'il ne dissimule, la tentation du temple, dans Matthieu et dans Luc ^ ; et de tous ces éléments, combinés pour l'instruction du lecteur, non pour la reconstitution de l'histoire, il a composé le tableau que nous voyons. Le temple spirituel est comme l'intermédiaire logique entre le temple matériel et le corps de Jésus ressuscité car <( le temple qui n'est point fait de main d'homme » est l'Eglise, le corps mystique de Jésus-Christ. La pensée de l'évangéliste est allée du corps mystique au corps réel mais glorieux, afin de rejoindre l'interprétation du signe de Jonas dans Matthieu.
n, 23. r^t comme il était à Jérusalem, pendant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait. 24, Mais Jésus lui-même ne se confiait pas à eux, parce qu'il les connaissait tous, 25. et qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoig'nag'e au sujet de Thomme, car il savait lui-même ce qu'il y avait dans l'homme.
Après avoir montré comment Jésus se manifesta dans le temple,