iloi/rzMANN, loc. cil. Cf. supr. p
LES VENDEURS DU TEMPLE
Févangéliste indique en termes généraux les fruits de son premier séjour à Jérusalem. Le Sauveur demeura dans la ville sainte pendant toute l'octave pascale, « et beaucoup crurent en son nom », c'est-à-dire le reconnurent comme le Messie, (( en voyant les miracles qu'il faisait ». On remarquera que Jean, tout en racontant moins de faits surnaturels que les Synoptiques, parle bien plus souvent des miracles que les trois premiers Evangiles. Il insiste sur leur valeur probante, ce que ne font jamais les Synoptiques. Tandis que, dans ces Evangiles, Jésus semble presque répugner à faire des miracles, et ne céder qu'à la pression de la foi qui les sollicite, il paraît, dans le quatrième, les multiplier comme un elfet, à la fois nécessaire et voulu, de sa seule présence. L'impression que donnent les Synoptiques doit être celle de la réalité. Celle que suggère le quatrième Evangile vient de ce que l'auteur, sans regarder les faits particuliers, considère les miracles dans l'ensemble comme une preuve de l'incarnation. Les miracles sont devenus pour lui un argument qu'il se plaît à faire valoir, en insinuant la façon de le bien entendre ^ Il y a des gens qui voient seulement l'extérieur des faits, et qui, saisis de leur caractère merveilleux, croient superficiellement à la messianité de Jésus, parce qu'ils n'entendent pas mieux le sens profond des prophéties et des miracles qu'ils ne comprennent réellement le Christ. Ce n'est pas que leur foi ne se maintienne pas plus longtemps que le spectacle des prodiges dont ils sont témoins, mais c'est qu'elle manque de profondeur, de solidité, on peut dire même de vérité. Elle ne sera pas consistante ni durable. Jésus ne se contente pas de cette foi sensible et presque matérielle, et <( il ne se confie pas » à ceux qui n'en ont pas de meilleure. Telle était la foi d'un grand nombre de Juifs qui furent témoins des prodiges accomplis par lui à Jérusalem durant ce premier séjour. Comme ils ne croyaient pas à la personnalité divine de Jésus, comme ils ne croyaient pas vraiment à sa parole - et n'avaient pas souci de s'approprier la vie qu'il offrait au monde, Jésus lui-même ne se livrait pas à eux, ne leur confiait pas le mystère de salut qu'il portait en lui.
Ce trait peint beaucoup moins les rapports historiques de Jésus avec ses auditeurs qu'il ne définit la situation générale du judaïsme