‹ Le quatrième évangileChapitre 249 sur 857 · III · texte numérisé non relu

III

NICODÈME

groupe déterminé d'incrédules ou de mauvais croyants, mais à tous ceux qui n'ont pas embrassé l'Evang-ile.

Les paroles que Nicodème adresse à Jésus nous renseignent beaucoup mieux sur la qualité de sa foi qu'elles n'introduisent naturellement la réponse du Sauveur. Non seulement il appelle Jésus (( rabbi », mais il ne voit en lui qu'un « docteur », tout en reconnaissant sa mission divine, autorisée par les miracles. La formule : (( Tu es un docteur qui vient de Dieu ^ », pourrait signifier bien davantage, et il est possible que l'évangéliste conçoive cette déclaration comme recélant, sans que Nicodème en ait conscience, la théologie de l'incarnation : ce serait le sens spirituel du discours, sens inaperçu de celui qui parle, et dont on ne doit pas lui tenir compte. Pour lui, Jésus est un docteur que ses miracles font reconnaître comme envoyé de Dieu. On peut croire que l'évangéliste a rencontré des Juifs qui avaient cette idée du Sauveur, et qu'il veut les instruire en même temps que Jésus instruira Nicodème. Celui-ci ne parle pas en son nom, bien qu'il soit venu seul ; il dit : « nous savons - », exprimant le sentiment de ceux qui ont cru au nom de Jésus, (( en voyant les miracles qu'il faisait », et plus particulièrement des membres du sanhédrin que l'on trouvera plus tard ^ favorables au Christ, mais qui cachergnt leur sympathie, comme Nicodème, pour ne pas s'exposer aux vengeances de la majorité incrédule et hostile.

En faisant l'aveu de sa foi, Nicodème s'offre, pour ainsi dire, à une instruction plus complète et demande implicitement à connaître ce que Jésus peut avoir à enseigner touchant la voie du salut ^. Il n'est pas besoin de chercher un lien plus étroit entre le discours du sanhédriste et la réponse qui y est faite ; de supposer, par exemple, que Nicodème a dit d'autres paroles qui ne sont pas reproduites par l'évangéliste ^, ou que Jésus a lu dans l'âme de son interlocuteur ce que celui-ci désirait savoir ^, ou que l'instruc-

1. V. 2. pa66£i, oroatjLEv oti ir.à ôsou iXrfXuGaç Siôoca/.aXoç.

2. Dans la forme, le discours imite Marc, xii, 14: ÔiôocaxaXs, oiBafjisv ott àXr]07]ç V. xtX. Pour l'idée, le rapport est plutôt avec Luc, xviii, 18.

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