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SCHANZ

A. LoiSY. — Le quatrième Évangile. 20

LE QUATRIÈME ÉVAiNGItiE

tion sollicitée par Nicodème portait sur un point très spécial, tel que les conditions d'admissibilité au royaume des cieux, la suffisance du baptême de Jean, la qualité messianique de Jésus, la signification de ses miracles K 11 est pareillement inutile de sousentendre, dans la réponse du Sauveur, l'intention formelle de montrer à Nicodème qu'il ne sait pas de quoi il parle, ou d'éveiller en lui le sentiment de son indig-ence morale, ou de le conduire de la foi extérieure, fondée sur les miracles, à la foi intérieure, fondée sur la connaissance du Christ Fils de Dieu. Toutes ces hypothèses auraient une raison d'être si Jésus et Nicodème s'entretenaient mutuellement; mais l'évang-éliste les fait bien plutôt purler l'un et l'autre pour ses lecteurs.

Pour être sauvé, dit Jésus, il faut naître au salut. Le salut n'est pas autre chose qu'une vie surnaturelle et divine, toute différente de la vie naturelle que l'homme tient de son origine charnelle et terrestre. (( En vérité, en vérité, je te le dis, si l'on ne naît à nouveau 2, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Déjà, dans les Synoptiques, (( le ro^^aume de Dieu », ou « le royaume des cieux », et « la vie éternelle » sont des termes synonymes. Dans le quatrième Evang-ile, l'idée de la vie l'emporte sur celle du royaume, et, dans tout le reste du livre, il ne sera plus question du royaume de Dieu. L'emploi de cette formule dans le premier discours du Christ est donc une sorte de trait d'union, consciemment établi par l'évangéliste, entre la conception à moitié juive, au moins quant à la forme, du royaume de Dieu, et la conception toute chrétienne de la vie, conception qui diffère, par plus d'une nuance, de « la vie éternelle » entendue au sens des Synoptiques.

Il est évident que « la vie éternelle », tout comme le « royaume des cieux », implique un élément eschatologique, mais cet élément est beaucoup moins sensible dans l'Evangile johannique. « La vie » a paru sur la terre avec le Verbe incarné ; ceux qui croient en lui ont déjà la vie par lui. Le bonheur éternel et la résurrection glorieuse ne se confondent plus, dans la perspective, avec le salut que Jésus apporte maintenant : ils en sont comme le terme logique et

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