Cf. siipr. p
NICODÈME
le couronnement naturel. Toute vie de créature a un commencement. La vie supérieure que Jésus donne procédera d'une g-énération et se manifestera dans une naissance surnaturelles qui en seront le point de départ nécessaire. Lemot àvtoOev, que l'évangéliste emploie pour caractériser cette naissance, est susceptible d'un double sens: c'est un adverbe qui, par rapport au lieu, signifie « d'en haut ^ » ; par rapport.au temps, « du commencement - », et, s'il est déterminé par un autre adverbe marquant la répétition, (( en recommençant » ; dans le second cas, par rapport au sujet déjà existant, et sans complément indiquant la répétition, il peut signifier « à nouveau », (( pour commencer ^ ». C'est en ce dernier sens que le prennent un grand nombre d'interprètes, et ils trouvent dans le contexte tous les arguments désirables pour appuyer leur thèse. Nicodème a cru que Jésus parlait d'une naissance nouvelle, non d'une naissance surnaturelle, et il objecte l'impossibilité où se trouve l'homme, une fois né, surtout vieux, de naître encore un coup. L'on pourrait dire que Nicodème, faisant un contre-sens touchant la nature de la naissance dont il s'agit, a bien pu se tromper sur la circonstance indiquée par Jésus. Mais le Sauveur ne combat que sa fausse idée de naissance corporelle, et il insiste autant sur le caractère nouveau de la naissance spirituelle que sur son origine céleste. D'autres commentateurs cependant, en tête desquels se placent Origène et Cyrille d'Alexandrie, préfèrent le premier sens, familier à l'auteur dans tous les autres passages de l'Évangile où le mot se rencontre, et qu'il ne peut manquer d'avoir en vue quand il traite de la naissance spirituelle, qui est une naissance céleste et divine. Il est probable que ce premier sens représente la pensée de l'évangéliste, mais en impliquant le second. La parole de Jésus apparaît avec une triple signification : la signification matérielle, qui n'est pas le sens vrai du texte, les termes employés par le Sauveur étant symboliques, et qui sera pourtant celle que Nicodème