‹ Le quatrième évangileChapitre 252 sur 857 · Cf. Gal. IV · texte numérisé non relu

Cf. Gal. IV

4. Les commentateurs citent un passage d'ARTÉMiDORE, Oneirocriticon,\, 13, où il est dit d'un homme qu'il lui semble àvcoOev yevvàaGai dans un enfant qui lui est né. Le père se voit revivre, « naître à nouveau », dans son fils, pour commencer une nouvelle existence, et non pas « renaître », dans le sens strict du mot, pour recommencer l'existence dont il a joui.

comprendra, sauf à la trouver incroyable; la signification morale, qui est vraie et qui exprime la régénération dont parlent les Evangiles synoptiques et saint Paul ^ ; la signification théologique et mystique, destinée à montrer le principe et le caractère surnaturels de cette régénération Le troisième sens est associé au second dans l'esprit de Tevangéliste, en sorte que le même mot figure pour lui la nouveauté, l'origine céleste et le caractère divin de la naissance spirituelle Pour traduire exactement ce passage, il faudrait trouver en français un mot qui pût signifier à la fois, comme le mot grec, « d'en haut » et « k nouveau ». Faute de ce mot, il est préférable d'employer la seconde formule, qui rend intelligible la méprise de Nicodème, tandis que l'autre traduction le ferait paraître plus inintelligent que l'évangéliste n'a voulu le montrer et que la vraisemblance ne permet de le supposer. Si l'unique sens était « naître d'en haut », Nicodème n'aurait pas songé à une naissance corporelle. S'il s'agit d'une (( naissance nouvelle », il manque seulement de l'esprit qu'il faut pour entendre les choses spirituelles ^. Il est vrai pourtant que l'idée de naissance surnaturelle est celle qui prédomine dans la pensée de l'évangéliste, et que celle de naissance nouvelle ne vient qu en second lieu, comme associée nécessairement à la première. L'objection qu'on pourrait tirer de ce que le double sens et l'équivoque ne se comprennent qu'en grec et n'ont pu avoir lieu en araméen, dans la langue parlée par le Sauveur, n'aurait de portée que si les discours du quatrième Evangile, et celui-ci en particulier, devaient être considérés comme des reproductions textuelles, non comme des interprétations plus ou moins réfléchies des enseignements qui ont été donnés par Jésus '\ Nicodème n'entend que des mots qui suggèrent à son esprit une

1. On peut suivre le développement de cette idée dans Marc, x, 15 ; Matth. XVIII, 3; Gal. III, IV, 6; vi, 15; II Gor.v, 17; I Pier. i, 3, 23; ii, 2.

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