B. Wkiss, 1;^G
NICODÈME
parlons de ce que nous savons et que nous attestons ce que nous avons vu.» Le monolog-ue du Sauveur fcar désormais Nicodème ne dira plus rien et sera oublié avant la fin de l'instruction ) commence de la même façon que la première Epître johannique Dans l'Evangile, on ne trouve le « nous » employé que par l'auteur témoignant au nom de ceux qui ont vu Jésus et qui ont cru en lui. Les anciens commentateurs supposaient volontiers que le Christ parlait ici au nom de son Père et au sien, ou bien au nom de la Trinité tout entière : hypothèse contredite par la teneur du discours, où il n'a pas été question du Père, ni même du Saint-Esprit, le Père et LEsprit-Saint ne pouvant d'ailleurs être conçus comme des témoins qui ont « vu » ce que Jésus dit. D'autres ont pensé aux prophètes, et plusieurs interprètes, même modernes, croient que Jésus associe à son témoignag-e celui de Jean-Baptiste ~. Cette dernière opinion peut être soutenue, puisqu'il s'agit d'un témoignage actuel et que Jean-Baptiste est encore présent à la pensée du narrateur : il va reparaître dans le prochain, récit. Le Précurseur serait cité comme témoin de l'incarnation, avec Jésus lui-même, qui en est le sujet. On 23eut douter cependant que le « nous ^) s'applique à deux personnes déterminées, à Jésus qui parle, et à Jean qu'il aurait seul en vue, d'autant que Jean lui-même, qui est le témoin de Jésus, se défendra bientôt d'être le prédicateur des choses célestes que Jésus révèle. Rien, dans le contexte immédiat, n'éveille le souvenir de Jean-Baptiste. Les commentateurs vont le chercher parce qu'ils ont besoin de lui. Si l'on tient compte des endroits où l'auteur lui-même emploie le « nous » à propos du témoignage rendu à l'Evangile, on admettra plutôt que Jésus parle avec tous ses témoins, c est-à-dire les apôtres et les évangélistes, au monde incrédule L'hypothèse d'un pluriel emphatique par lequel Jésus opposerait son « nous savons » à celui par lequel Nicodème a ouvert l'entretien ^, n'est pas contraire à l'usage de la langue grecque, mais elle est contraire à l'usage des Evangiles attesté même par la phrase suivante, où Jésus,